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	<title>Chemins de communion vers Jérusalem</title>
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	<title>Chemins de communion vers Jérusalem</title>
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		<title>Franchir les frontières : une journée avec deux jeunes Israélien et Palestinien.</title>
		<link>https://www.communion-unite.org/article/franchir-les-frontieres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2026 18:41:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aux côtés de Khaled et de Koren Koren, jeune Juif étudiant à Tel-Aviv, et Khaled*, jeune Palestinien musulman étudiant à Ramallah, ont séjourné en Suisse dans le cadre de l’association&#160;Coexistences. Ils ont passé une semaine à la montagne avec quatorze autres jeunes, pour moitié Israéliens et pour moitié Palestiniens. Puis ils ont été mes hôtes [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Aux côtés de Khaled et de Koren</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Koren, jeune Juif étudiant à Tel-Aviv, et Khaled*, jeune Palestinien musulman étudiant à Ramallah, ont séjourné en Suisse dans le cadre de l’association&nbsp;<a href="https://coexistences.org/">Coexistences</a>. Ils ont passé une semaine à la montagne avec quatorze autres jeunes, pour moitié Israéliens et pour moitié Palestiniens. Puis ils ont été mes hôtes durant trois jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le samedi 3 octobre, je leur ai demandé ce qu’ils souhaitaient découvrir. Koren, qui étudie les mathématiques, désirait visiter le CERN, tandis que Khaled voulait aller en France. Notre journée nous a ainsi conduits de Bossey à Divonne, puis au CERN. Trois étapes très différentes qui, rétrospectivement, m’apparaissent reliées par une même question : comment franchir les frontières qui séparent les êtres humains ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À Bossey, la rencontre des différences</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons commencé par&nbsp;<a href="https://www.oikoumene.org/fr/what-we-do/the-ecumenical-institute-bossey">l’Institut œcuménique de Bossey</a>, qui célèbre cette année ses 80 ans. Fondé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans un monde meurtri et divisé, l’Institut voulait contribuer à la réconciliation en formant de jeunes chrétiens venus de différents pays et de différentes Églises à se rencontrer, à étudier et à vivre ensemble. J’y ai moi-même étudié et enseigné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai expliqué à mes deux hôtes que cette vocation pouvait faire écho à leur propre engagement au sein des «&nbsp;Combattants pour la Paix&nbsp;»&nbsp;&nbsp;(«&nbsp;<a href="https://www.cfpeace.org/">Combatants for Peace&nbsp;</a>»), mouvement israélo-palestinien qui promeut la non-violence et le dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le hall, nous avons rencontré fortuitement trois étudiants venant des États-Unis, du Danemark et de Tanzanie. Ils nous ont raconté comment des chrétiens de traditions et de continents différents étudient, vivent et prient ensemble, en cherchant ce qui les réunit, mais sans effacer leurs différences : une unité qui n’est pas uniformité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Koren et Khaled ont à leur tour présenté leur expérience de la «&nbsp;Freedom School&nbsp;» en Israël et en Palestine, liée à Combatants for Peace. La rencontre avec des personnes de l’autre peuple les a conduits à dépasser certains préjugés et à découvrir des visages derrière les représentations collectives. Deux expériences de dialogue se rencontraient ainsi à Bossey : celle de chrétiens séparés et celle de jeunes Israéliens et Palestiniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À Divonne, « l’émotion de la liberté »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons ensuite pris la route de Divonne, en France, où nous voulions prendre notre repas. Pour moi, franchir la frontière franco-suisse est un geste banal. Nous sommes passés sans contrôle, presque sans nous en apercevoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Khaled, il en allait tout autrement. Au moment de franchir la frontière, il a été saisi par l’émotion et s’est mis à pleurer. Surpris, je lui ai demandé pourquoi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« L’émotion de la liberté, m’a-t-il répondu. C’est la première fois que je franchis une frontière sans contrôle, alors que chez moi il y a des check-points à tous les tournants ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa réaction m’a touché. Ce qui était pour moi un déplacement ordinaire devenait, à travers ses yeux, une expérience extraordinaire. Passer d’un pays à l’autre sans présenter de papiers, sans être arrêté ni interrogé lui faisait éprouver concrètement ce que signifie la liberté de mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre excursion à Divonne prenait ainsi une tout autre dimension. Une frontière presque invisible pour nous faisait surgir chez Khaled le souvenir de celles qui marquent sa vie quotidienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au CERN, travailler ensemble</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le repas, nous nous sommes rendus au&nbsp;<a href="https://sciencegateway.cern/fr">musée du CERN</a>. Koren, étudiant en mathématiques, était naturellement très intéressé par ce haut lieu de la recherche scientifique. Nous avons tous les trois pris plaisir à découvrir les nombreuses installations pédagogiques interactives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai été frappé par la dimension internationale du CERN, qui met en relation environ 12’000 scientifiques de nombreux pays autour d’une même recherche. C’est aussi dans ce contexte qu’est né l’Internet, afin de faciliter l’échange d’informations entre chercheurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après ce que nous venions de vivre à la frontière, cette visite m’a fait réfléchir. La science ne supprime évidemment ni les conflits ni les divisions entre les peuples. Mais le CERN montre que des personnes de cultures et de nationalités différentes peuvent collaborer lorsqu’elles se consacrent ensemble à une recherche qui les dépasse. Avoir un but commun ne résout pas toutes les oppositions, mais peut contribuer à créer des relations nouvelles. Cette expérience ne peut-elle pas aussi nous interroger face au conflit israélo-palestinien ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le prix du dialogue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un dernier échange avec Khaled m’a cependant rappelé combien le chemin de la rencontre peut être difficile. À la fin de son séjour, je lui ai demandé si je pouvais publier sa photo pour illustrer cet article. Il m’a demandé de ne pas le faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il m’a expliqué qu’en Palestine son engagement pouvait être mal compris et provoquer des réactions hostiles. Il avait déjà reçu des menaces, y compris de personnes de son entourage, et redoutait que la publication d’une photo montrant ses rencontres avec des Israéliens puisse l’exposer davantage. À la veille de son retour, il m’a même confié sa peur d’être agressé physiquement. C’est pourquoi son prénom a été changé dans cet article et son visage apparaît masqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette confidence m’a fait mesurer davantage le courage nécessaire pour s’engager dans un tel dialogue. Ce qui peut apparaître de loin comme une belle expérience de coexistence comporte, pour certains, des risques très concrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Franchir les frontières</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La confidence finale de Khaled rappelle que le chemin du dialogue n’est ni simple ni sans risque. Franchir les frontières qui séparent les êtres humains peut demander du courage et avoir un prix. La rencontre ne suffit pas à résoudre les conflits, mais elle peut transformer le regard porté sur l’autre et ouvrir un espace où quelque chose de nouveau devient possible. C’est ce que Koren et Khaled ont choisi de vivre, malgré les obstacles et, pour Khaled, malgré les risques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">*Nom changé pour protéger la personne concernée.</p>
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		<title>L’humoriste Noam Shuster-Eliassi, enfant de Neve Shalom–Wahat as-Salam et la guerre. </title>
		<link>https://www.communion-unite.org/article/noam-shuster/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 12:44:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Noam Shuster-Eliassi au Cazard, Lausanne J’ai visionné le 22 septembre le documentaire&#160;Coexistence, my Ass!,&#160;réalisé par Amber Fares. Le film brosse le portrait de l’humoriste et militante israélienne Noam Shuster-Eliassi à travers son spectacle du même nom. Après la projection, elle a échangé avec Pierre Hazan et le public. Élevée à Neve Shalom–Wahat as-Salam, village où [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Noam Shuster-Eliassi au Cazard, Lausanne</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai visionné le 22 septembre le documentaire&nbsp;<em><a href="https://www.indiewire.com/criticism/movies/coexistence-my-ass-review-noam-shuster-eliassi-documentary-1235087241/"><em>Coexistence, my Ass!,</em></a></em>&nbsp;réalisé par Amber Fares. Le film brosse le portrait de l’humoriste et militante israélienne Noam Shuster-Eliassi à travers son spectacle du même nom. Après la projection, elle a échangé avec Pierre Hazan et le public. Élevée à Neve Shalom–Wahat as-Salam, village où Juifs et Arabes vivent ensemble, Noam a d’abord travaillé pour la paix dans le cadre des Nations unies avant de choisir le stand-up. « J’ai travaillé aux Nations unies, j’essayais de faire la paix, j’ai échoué. Alors maintenant j’écris des blagues », dit-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Faire de l’humour après le 7 octobre&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogée sur ce qui a changé depuis le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza, Noam répond que tout a changé, y compris sa manière de faire de l’humour. Auparavant, elle pouvait se moquer du milieu pacifiste dont elle est issue et commenter l’actualité. Après le début de la guerre, il lui a fallu du temps pour remonter sur scène. Elle voyait des humoristes se produire devant des soldats sur des bases militaires, alors qu’elle considère la comédie comme un moyen de contester le pouvoir. Elle portait aussi le deuil d’amis tués le 7 octobre et pensait aux otages, aux enfants de Gaza et à toutes les personnes qui souffraient. Son retour sur scène s’est fait peu à peu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une parole exposée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Noam a reçu des menaces. Un membre de sa famille l’a attaquée en ligne, et une projection du film à Jérusalem a suscité des réactions hostiles lorsqu’elle a parlé des enfants tués à Gaza. A ses yeux, les Palestiniens sont bien plus menacés. À l’approche de l’anniversaire du 7 octobre, elle préfère partager son deuil en privé avec ses proches. Elle estime qu’une commémoration publique est devenue difficile sans récupération politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour elle, l’humour permet de parler des récits opposés, des traumatismes et des conflits sans prétendre les résoudre. Elle souhaite toucher quiconque accepte de l’écouter, même si les échanges avec le public israélien sont devenus plus difficiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une identité plus vaste</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Noam  évoque ses origines juives iraniennes, l’histoire de la Shoah dans sa famille ashkénaze et son enfance dans ce village où juifs et arabes cohabitent. Elle-même parle couramment l’arabe, ce qui est le cas de seulement 1% de population juive. Elle lutte contre une définition trop étroite de l&rsquo;identité israélienne et voudrait qu’une telle identité puisse aussi accueillir le récit palestinien. Selon elle, la liberté des Israéliens est liée à celle des Palestiniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À propos de la Cisjordanie, elle constate que certains responsables condamnent les violences des colons contre les Palestiniens, tandis que des militants assurent une présence protectrice auprès d&rsquo;eux. Elle souhaiterait que davantage d’Israéliens s’interrogent sur l’envoi de leurs enfants dans l’armée pour défendre les colons extrémistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Justice et antisémitisme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un participant l’interroge sur la montée de l’antisémitisme en Suisse et sur l’usage possible de ses propos par des manifestants hostiles à l’état Israël, jusqu’à nier son droit à exister. Noam reconnaît ne pas connaître de l’intérieur la situation des Juifs en Suisse et dit entendre sa crainte. Elle refuse cependant de taire ses critiques par peur qu’elles soient détournées, alors que ses amis palestiniens subissent arrestations et violences. Son engagement, explique-t-elle, vise la justice et l’égalité. Lorsqu’on lui demande si défendre les droits des Palestiniens et combattre l’antisémitisme relèvent d’un même combat, elle répond sans hésiter que oui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, interrogée sur les liens entre artistes, elle raconte qu’après le choc du 7 octobre, une communauté de soutien et de travail s’est peu à peu formée. Elle accueille également les mouvements réunissant Juifs et Palestiniens israéliens comme des contributions nécessaires dans la situation actuelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Remarque personnelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la sortie du Cazard, où avait eu lieu la projection du film, j’ai pu m’entretenir quelques instants avec Noam Shuster-Eliassi. Je l’ai remerciée pour son courage. Ses paroles, à la fois libres et exigeantes, m’avaient rappelé les appels à la justice des prophètes d’Israël, et je le lui ai dit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je venais de lire un récit des débuts de Neve Shalom–Wahat as-Salam, rédigé par Paul Tavardon, un moine de l’abbaye de Latroun. L’abbaye avait donné le terrain sur lequel ce village a été fondé. Lorsque je lui en ai parlé, Noam m’a aussitôt répondu qu’elle connaissait plusieurs moines : chaque année, le village et l’abbaye organisent une fête ensemble. J&rsquo;ai visité une fois Neve Shalom et à plusieurs reprises l&rsquo;abbaye dans le cadre des <a href="https://www.jc2033.world/fr/blog/chronique-de-la-marche-de-2023-sur-le-chemin-d-emmaus.html" data-type="link" data-id="https://www.jc2033.world/fr/blog/chronique-de-la-marche-de-2023-sur-le-chemin-d-emmaus.html">Marches sur le chemin d&rsquo;Emmaüs </a>que j&rsquo;organise chaque année. Latroun est en effet un des lieux identifiés avec Emmaüs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle avait grandi dans ce lieu né d’une vision de justice et de réconciliation. L’enthousiasme de sa réponse et l’éclat de ses yeux m’ont laissé entrevoir combien cette histoire demeure vivante en elle. J’y ai reconnu quelque chose de l’élan prophétique que j’avais entendu dans ses paroles au cours de la soirée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La fondation de Neve Shalom–Wahat as-Salam</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le récit de Paul Tavardon dans <em>« Trappistes en Terre sainte »<a href="applewebdata://E1BBDD6E-882B-4B73-848F-FB2416F7C209#_ftn1"><sup><strong>[1]</strong></sup></a></em>, Neve Shalom est né d’une conviction du père Bruno Hussar. Selon lui, les études et les échanges entre juifs et arabes étaient nécessaires, mais la réconciliation demandait aussi une expérience de vie commune. Après la guerre des Six Jours, la situation de Jérusalem et les divisions entre les populations du pays l’ont conduit à imaginer une « Oasis de Paix » où juifs, chrétiens et musulmans vivraient ensemble, chacun fidèle à sa foi et respectueux de celle des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autorisé à développer son projet après plusieurs années d’attente, le père Bruno se heurta à une difficulté majeure : trouver un terrain sans disposer d’argent. Les trappistes de Latroun mirent alors à sa disposition une colline d’environ quarante hectares, ainsi que quelques bâtiments, pour un loyer symbolique (30 centimes français par an, pour un bail de 100 ans!). Dès 1970, des volontaires et des moines commencèrent les aménagements. Un lieu de prière fut préparé, puis des arbres furent plantés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le père Bruno souhaitait former une communauté d’«&nbsp;<em>artisans de paix</em>&nbsp;», dont la vie quotidienne ferait reculer l’ignorance, les préjugés et la peur. La réalisation fut lente : il habita longtemps seul sur la colline. L’arrivée d’une famille juive en 1977 marqua le début d’une communauté organisée. Les rencontres entre Juifs et Arabes, puis les réunions et séminaires, donnèrent progressivement corps à cette vision inspirée des prophéties de paix d’Esaïe et de Michée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">B. Hussar décrivait ainsi ce projet&nbsp;:&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Une école de paix, autour d&rsquo;une communauté, enracinée dans cette terre, dont les peuples, dans leurs rencontres passées avec Dieu, ont offert à une grande partie du monde, non seulement les valeurs spirituelles et morales les plus hautes, mais aussi son espérance permanente de réconciliation universelle et de jugement miséricordieux, et même de résurrection.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Au-delà de ce lieu et de cette communauté, « Neveh Shalom » veut être un mouvement animé par un esprit et une ferveur qui puissent se répandre au-delà des frontières d’Israël.&nbsp;»&nbsp;</em>(p. 217)</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://E1BBDD6E-882B-4B73-848F-FB2416F7C209#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;<em>Trappistes en Terre Sainte. Des moines au cœur de la géopolitique, 1946-1991.</em>&nbsp;Vol. 2, Toulouse, Domuni-Press, 2016, p. 215-220.</p>
</blockquote>
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			</item>
		<item>
		<title>Nir Am, choisir la vie après le 7 octobre</title>
		<link>https://www.communion-unite.org/article/nir-am/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 06:38:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.communion-unite.org/?p=638</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le 26 août 2026, à&#160;la HET-PRO&#160;[1]&#160;(Saint Légier), Yoni et Patrick, deux habitants du kibboutz Nir Am, situé à quelques centaines de mètres de la bande de Gaza, ont témoigné de ce qu’ils ont vécu depuis le 7 octobre 2023. Venus en Suisse à l’invitation d’amis qui soutiennent leur communauté, ils ont voulu raconter leur expérience, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le 26 août 2026, à&nbsp;<a>la HET-PRO&nbsp;</a><a href="applewebdata://3B460B0B-AD16-4913-A19E-783B2AE73E2C#_msocom_1">[1]</a>&nbsp;(Saint Légier), Yoni et Patrick, deux habitants du kibboutz Nir Am, situé à quelques centaines de mètres de la bande de Gaza, ont témoigné de ce qu’ils ont vécu depuis le 7 octobre 2023. Venus en Suisse à l’invitation d’amis qui soutiennent leur communauté, ils ont voulu raconter leur expérience, mais aussi rencontrer, dialoguer et répondre aux questions. Leur parole, marquée par les événements qu’ils ont traversés, exprime avant tout un désir : retrouver une vie normale, reconstruire leur communauté et faire connaître la réalité telle qu’ils la perçoivent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Du 6 au 7 octobre : le basculement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste entre les images du 6 octobre et celles du lendemain demeure saisissant. La veille, Nir Am célébrait Soukkot, la fête des Cabanes. Les familles étaient réunies, les enfants jouaient et la communauté vivait un moment festif. Le kibboutz compte environ 800 habitants, dont près de 200 enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 7 octobre, vers 6 h 30, les sirènes ont retenti. Rapidement, l’électricité et les télécommunications ont été interrompues. Pendant plusieurs heures, les habitants ne savaient presque rien de ce qui se passait autour d’eux. Ils sont restés dans leurs abris durant une quinzaine d’heures, avant d’être évacués au milieu de la nuit vers Tel-Aviv.</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p><em>La perte la plus difficile à mesurer concerne les enfants. Ils ont été séparés de leurs camarades, de leurs enseignants et de leurs habitudes. Certains, aujourd’hui encore, ont peur de sortir seuls ou rencontrent des difficultés scolaires. Beaucoup d’enfants et d’adultes ont besoin d’un accompagnement psychologique.</em></p></blockquote></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Commence alors une autre épreuve : celle du déplacement. Durant dix mois, les habitants de Nir Am ont vécu loin de chez eux. Des familles habituées à une maison se sont retrouvées dans une chambre d’hôtel de quelques mètres carrés, avec leurs enfants et parfois leurs animaux. Mais la perte la plus difficile à mesurer concerne les enfants. Ils ont été séparés de leurs camarades, de leurs enseignants et de leurs habitudes. Certains, aujourd’hui encore, ont peur de sortir seuls ou rencontrent des difficultés scolaires. Beaucoup d’enfants et d’adultes ont besoin d’un accompagnement psychologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une blessure qui traverse toute la société</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Patrick, cette période ne peut pas être considérée comme terminée. Les habitants vivent encore dans une situation de traumatisme prolongé. Les événements du 7 octobre ont touché personnellement presque toutes les familles israéliennes, directement ou indirectement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Patrick en témoigne avec retenue à partir de sa propre histoire. Son fils participait au festival Nova, où des centaines de personnes ont été tuées. Lui aussi a été assassiné ce jour-là. Cette perte donne à son témoignage une gravité particulière. Dans un petit pays où les liens familiaux, professionnels et amicaux sont nombreux, chacun connaît une personne tuée, blessée ou directement atteinte par la guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des habitants de Nir Am sont revenus chez eux à partir d’août 2024. Environ 85 % auraient retrouvé le kibboutz, mais certaines familles ne se sentent pas capables de revenir et peut-être ne le feront-elles jamais. Pour ceux qui sont rentrés, il s’agit d’apprendre à habiter de nouveau un lieu associé à la peur, tout en retrouvant le travail, l’école et une vie communautaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vivre ensemble reste possible</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé sur les relations avec les Arabes israéliens, Patrick insiste sur une réalité quotidienne souvent méconnue à l’étranger. Juifs et Arabes vivent et travaillent ensemble dans de nombreux secteurs. Il donne l’exemple du médecin de Nir Am, arabe israélien, qui soigne les familles du kibboutz. La population arabe d’Israël est elle-même diverse : musulmans, chrétiens, Bédouins et autres communautés y coexistent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Patrick, cette expérience montre que le vivre-ensemble est possible. Il reconnaît cependant l&rsquo;existence d&rsquo;extrémismes et affirme, à la fin de la rencontre, qu’ils existent « des deux côtés ». La majorité des personnes, estime-t-il, souhaitent simplement travailler, élever leurs enfants et vivre en sécurité. La solidarité et la connaissance personnelle peuvent ainsi contribuer à dépasser les représentations simplistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Que peut faire la Suisse ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la question de savoir comment les Suisses pourraient aider, les deux témoins donnent des réponses complémentaires. Patrick souligne l’importance du soutien concret apporté par&nbsp;<em>Israël Werke Schweiz</em>&nbsp;(IWS) : accompagner la reconstruction de la vie communautaire, créer des liens et soutenir les familles qui cherchent à retrouver une existence ordinaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Yoni insiste, quant à lui, sur la nécessité de faire connaître leur compréhension de ce qui se passe en Israël. Il estime que les réseaux sociaux et certains médias transmettent une image qu’il juge souvent déformée. Selon lui, l’armée israélienne agit d’abord dans une logique de défense, même si toute guerre entraîne des drames et des victimes. Patrick complète cette réponse en invitant surtout à venir, à rencontrer les habitants, à connaître les lieux et à écouter les personnes. Pour lui, la première aide consiste à chercher à comprendre la réalité dans sa complexité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Reconstruire et choisir la vie</strong></p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p><em>Yoni et Patrick ne cachent ni leurs peurs ni leurs désaccords avec certaines évolutions politiques. Mais ils veulent croire qu’une coexistence avec les Palestiniens demeure possible. Leur espérance est modeste et concrète : que les enfants puissent grandir sans courir vers les abris, que les familles retrouvent la sécurité et que Nir Am redevienne pleinement ce qu’il était pour eux, un lieu où il fait bon vivre.</em></p></blockquote></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les questions ont également porté sur l’aliyah, la polarisation politique et les prochaines élections. Patrick constate une grande fatigue de la population après des années de tensions et de mobilisation militaire. Il souhaite que les responsables politiques assument leurs responsabilités et que le système démocratique permette un renouvellement. Yoni rappelle cependant que, pour beaucoup d’Israéliens, la sécurité demeure une préoccupation majeure, notamment face au Hezbollah à la frontière nord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré tout, les deux hommes refusent de renoncer à l’avenir. Nir Am poursuit ses activités agricoles, développe le tourisme, les installations solaires et des projets de recyclage de batteries. Le kibboutz continue surtout à faire vivre son système éducatif pour les enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Patrick résume cet état d’esprit en disant qu’il faut continuer d’avancer. Après leur évacuation, les habitants ont découvert une immense solidarité. Des Israéliens et des personnes venues d’ailleurs leur ont apporté vêtements, repas, soutien scolaire et aide pour entretenir les champs. Yoni exprime sa reconnaissance pour l’amour reçu de personnes qui se sont tenues à leurs côtés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de leur témoignage, un message va au-delà des blessures et des inquiétudes : celui de la solidarité et de la vie. Yoni et Patrick ne cachent ni leurs peurs ni leurs désaccords avec certaines évolutions politiques. Mais ils veulent croire qu’une coexistence avec les Palestiniens demeure possible. Leur espérance est modeste et concrète : que les enfants puissent grandir sans courir vers les abris, que les familles retrouvent la sécurité et que Nir Am redevienne pleinement ce qu’il était pour eux, un lieu où il fait bon vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<a href="applewebdata://3B460B0B-AD16-4913-A19E-783B2AE73E2C#_msoanchor_1">[1]</a>À l’initiative de l’organisation IWS (Israel Werke Schweitz) et le soutien de Guesher (communauté de Saint-Loup), cette soirée de sensibilisation à ce que vivent des Israéliens depuis les attaques terroristes du 7 octobre 2023 a été organisée par le professeur David Bouillon (HET-PRO).</p>
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		<title>A Jérusalem: une réconciliation entre Juifs et Palestiniens.</title>
		<link>https://www.communion-unite.org/article/jerusalem-reconciliation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Aug 2026 10:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;entrée de l&#8217;église Christ Church, Jérusalem, où a eu lieu la rencontre de « Vers un Concile de Jérusalem II. La rencontre du mouvement « Vers un Concile de Jérusalem II », à Jérusalem en octobre 2025, n’a pas été organisée simplement comme une conférence, mais comme un temps de prière et d’intercession en faveur des desseins de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>A l&rsquo;entrée de l&rsquo;église Christ Church, Jérusalem, où a eu lieu la rencontre de « Vers un Concile de Jérusalem II.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre du mouvement « <a href="https://www.communion-unite.org/article/tjcii-graces/">Vers un Concile de Jérusalem II », à Jérusalem en octobre 2025,</a> n’a pas été organisée simplement comme une conférence, mais comme un temps de prière et d’intercession en faveur des desseins de réconciliation de Dieu. Après avoir écouté les témoignages de chrétiens palestiniens et arabes, les participants ont été invités à réfléchir à la manière de prier pour les Juifs et les Arabes vivant sur cette terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La discussion a rapidement dépassé le stade des appels généraux à la paix. Les participants ont souligné que la véritable réconciliation exige de la sincérité, de la repentance, la reconnaissance de la souffrance et la volonté d’affronter les préjugés et la peur. Des Juifs, des Arabes et des chrétiens de différentes nations ont parlé ouvertement de leurs propres communautés et ont prié pour la guérison.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’honnêteté comme point de départ de la réconciliation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un responsable a insisté sur le fait que la réconciliation ne peut se construire sur le politiquement correct ou sur des mots soigneusement choisis. Les blessures anciennes ont besoin d’espace pour s’exprimer honnêtement. Cela peut être inconfortable&nbsp;; mais sans vérité, il ne peut y avoir de progrès authentique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière de Jésus dans Jean 17 est devenue une référence centrale : « Père, que tous soient un. » L’unité n’est pas un idéal abstrait, mais un témoignage pour le monde. Les participants ont donc été encouragés à s’aventurer dans les zones difficiles de la douleur et du désaccord tout en restant attachés à l’unité souhaitée par Jésus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs personnes ont témoigné que cette matinée avait changé leur façon de comprendre la souffrance palestinienne. Un participant britannique a admis que, pour avoir souvent été confronté à la propagande anti-israélienne, il s’était endurci face à la souffrance palestinienne. Écouter des chrétiens palestiniens l’a aidé à reconnaître que leur douleur était réelle et qu’il devait prier différemment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre participant a fait remarquer que les blessures peuvent s’intégrer à l’identité personnelle ou collective. Les gens peuvent s’y accrocher parce qu’elles semblent définir qui ils sont. Pourtant, Jésus a embrassé la souffrance et a ouvert une voie, à travers la souffrance, vers la guérison et la résurrection.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aimer les deux peuples</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un intervenant britannique a déclaré que l’Évangile s’était d’abord répandu depuis Jérusalem vers les nations, et qu’il croyait que la réconciliation pouvait désormais partir de Jérusalem de la même manière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a décrit les divisions au sein de l’Église britannique. Certains chrétiens étaient devenus farouchement anti-Israël, tandis que d’autres avaient développé une hostilité envers les Palestiniens. L’Église se trouvait souvent prise entre deux feux, ne sachant pas comment réagir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La clé, a-t-il dit, réside dans l’amour de Dieu. Les chrétiens doivent aimer le peuple palestinien et s’identifier à ses souffrances, tout en aimant également le peuple juif et en reconnaissant ses souffrances. Ces deux peuples ont connu la douleur à cause de ce qu’ils sont.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre participante britannique a reconnu la responsabilité historique de son pays. La Grande-Bretagne avait causé des souffrances tant aux Juifs qu’aux Arabes. Elle a avoué que son propre cœur avait été plus ouvert envers le peuple juif qu’envers les chrétiens arabes et les Palestiniens, et elle s’est excusée pour ce déséquilibre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une perspective africaine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un participant originaire du Kenya a expliqué que les Africains vivaient eux aussi avec des divisions entre chrétiens et musulmans, entre tribus et entre Églises. Les actes de violence commis par des musulmans avaient engendré la peur et l’hostilité dans son propre pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a avoué qu’il n’aimait pas les musulmans vivant près de chez lui et a prié pour que Dieu lui donne de l’amour à leur égard. La réconciliation, a-t-il dit, doit commencer chez soi, au niveau des individus, des communautés et des nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La douleur à la frontière de Gaza</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un pasteur messianique de Sderot a décrit le traumatisme du 7 octobre. Des personnes avaient été tuées dans les rues autour de lui, et pour la première fois, il avait prié le Psaume 91 spécifiquement pour sa propre sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa ville vivait sous les attaques de roquettes depuis de nombreuses années, et son ministère avait choisi le nom de « Ville de la Vie » afin de proclamer la vie plutôt que la mort, et la bénédiction plutôt que la malédiction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ses souffrances, il a insisté sur le fait que la réconciliation entre Arabes et Juifs était essentielle. Se référant à Ézéchiel 47, il a souligné que les étrangers vivant en Israël et y élevant leurs enfants avaient eux aussi leur place sur cette terre. Il estimait que les Arabes vivant sur cette terre faisaient partie des desseins de Dieu, tout en critiquant vivement les interprétations politiques modernes et la théologie du remplacement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La repentance au nom des communautés</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rassemblement s’est ensuite orienté vers la prière. Un responsable a expliqué le principe de la « représentation intercédante » : les personnes peuvent non seulement se repentir de leurs péchés personnels, mais aussi se présenter devant Dieu au nom de leurs communautés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un croyant arabe a prié pour obtenir le pardon, reconnaissant que les Arabes avaient refusé des occasions de partager la terre et avaient voulu tout garder pour eux-mêmes. Il a remercié Dieu pour le privilège de participer à la vie et à la destinée d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les croyants juifs se sont ensuite repentis de la haine, du mépris et des mauvais traitements infligés aux Arabes. Ils ont demandé pardon pour les slogans racistes, la discrimination, les abus, la peur et la tendance à présenter tout un peuple comme mauvais. Ils ont également prié pour que les écoles, les soldats et les institutions soient purifiés des attitudes qui encouragent la haine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre croyant a prié pour la guérison de l’identité tant chez les Juifs que chez les Arabes et a demandé pardon pour l’orgueil spirituel au sein de la communauté messianique. Il a reconnu que le réflexe d’autoprotection avait parfois conduit les croyants juifs à se concentrer uniquement sur leur propre souffrance et à ignorer celle des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Respect, dignité et cœurs transformés</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un participant afro-américain a fait le lien entre cette discussion et les tensions raciales aux États-Unis. Il a témoigné que Dieu lui avait enseigné que l’amour divin se révèle tout particulièrement envers ceux qui sont différents, opposés, voire hostiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre croyant israélien a ajouté que la réconciliation exigeait le respect et la dignité. La paix ne peut être authentique si une communauté est traitée comme inférieure. Chaque être humain doit être honoré de la dignité que Dieu lui a donnée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une croyante juive issue d’un milieu sioniste de droite a décrit comment Yeshua avait transformé ses attitudes. Elle avait grandi en craignant les Arabes et en les considérant comme des menaces. Après s’être installée en Israël et avoir rencontré des Arabes musulmans et chrétiens, son point de vue a changé. Elle a commencé à se rendre à Jérusalem-Est, à fréquenter une église arabophone et a fini par y être baptisée. Elle a prié pour obtenir le pardon de la haine et des injustices commises par les colons et d’autres groupes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des signes indiquant que la réconciliation est déjà en cours</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On a rappelé aux participants que la réconciliation judéo-arabe était déjà en marche depuis de nombreuses années. Des Juifs messianiques et des chrétiens arabes s’étaient rencontrés, s’étaient repentis les uns devant les autres, avaient partagé la Cène et s’étaient lavé les pieds mutuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d’une rencontre à Nazareth, des dirigeants arabes ont demandé pardon pour les violences et les malédictions dirigées contre les Juifs, tandis que des croyants juifs se sont repentis de ne pas avoir honoré les Arabes. Ils ont pleuré ensemble, ont reçu la communion et se sont lavé les pieds les uns aux autres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réflexion personnelle&nbsp;:&nbsp;Une réconciliation à poursuivre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que j’ai vécu ce jour-là dans le cadre de TJCII m’a donné une grande joie et a réveillé en moi de nombreux souvenirs. Pendant quarante ans,<a href="https://www.communion-unite.org/montees-de-jerusalem-qui-sont-elles/" data-type="link" data-id="https://www.communion-unite.org/montees-de-jerusalem-qui-sont-elles/"> les « Montées de Jérusalem » </a>se sont rendues dans la Ville sainte, particulièrement au temps de Pentecôte, pour rencontrer à la fois les Églises historiques arabes et les communautés de croyants juifs en Jésus. J’ai eu la grâce de participer à ces rencontres durant vingt ans. J’y ai découvert combien la rencontre, la prière commune et l’écoute mutuelle peuvent ouvrir des chemins là où les blessures de l’histoire semblent dresser des murs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi je suis particulièrement reconnaissant que TJCII prolonge aujourd’hui cette vision de réconciliation et d’élargissement du Corps du Christ. Ce rassemblement en a montré à la fois la complexité et la possibilité. Les blessures, les peurs et les injustices ne peuvent être contournées : elles appellent vérité, repentance, pardon, dignité et amour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voir des croyants juifs et arabes reconnaître leurs propres manquements, prier les uns pour les autres et rappeler les gestes de réconciliation déjà vécus m’a rempli d’espérance. Rien n’est achevé, mais un chemin est ouvert. Au cœur de celui-ci demeure la prière de Yeshua pour l’unité des siens. Puisse son amour guérir les mémoires et conduire Juifs et Arabes à s’honorer, se pardonner et s’accueillir mutuellement.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>
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		<title>Origine et sens de l’expression « du fleuve à la mer »</title>
		<link>https://www.communion-unite.org/article/du-fleuve-a-la-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 09:01:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Michel Catusse Lire ici l&#8217;étude complète Le slogan contemporain « Du fleuve à la mer » est souvent interprété comme l’expression d’une revendication politique visant à exclure la présence juive sur le territoire compris entre le Jourdain et la Méditerranée. Pour comprendre l’origine et la portée de cette formule, il faut revenir à la [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Par Michel Catusse</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em><strong><a href="https://www.communion-unite.org/wp-content/uploads/2026/09/M.-Catusse.-du-fleuve-a-la-mer.pdf" data-type="link" data-id="https://www.communion-unite.org/wp-content/uploads/2026/09/M.-Catusse.-du-fleuve-a-la-mer.pdf">Lire ici l&rsquo;étude complète</a></strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le slogan contemporain « Du fleuve à la mer » est souvent interprété comme l’expression d’une revendication politique visant à exclure la présence juive sur le territoire compris entre le Jourdain et la Méditerranée. Pour comprendre l’origine et la portée de cette formule, il faut revenir à la Bible hébraïque, car le slogan s’enracine directement dans deux promesses faites par Dieu à Abraham. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La première, en Genèse 15, concerne Abram et englobe un territoire immense allant du Nil à l’Euphrate, soit environ 2,9 millions de km². La seconde promesse, en Exode 23, s’adresse à Moïse et définit un territoire beaucoup plus restreint, du désert au fleuve, et de la mer Rouge à la Méditerranée. Il est donc essentiel de distinguer ces deux échelles territoriales, trop souvent confondues par ceux qui revendiquent la totalité du Proche-Orient au nom d’Abraham.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre cette distinction, il est nécessaire de considérer la répartition des héritages entre les différentes lignées issues d’Abraham. La tradition biblique distingue clairement le fils né de Sarah, Isaac, et le fils d’Agar, Ismaël. Isaac reçoit l’alliance spirituelle et la Terre de Canaan, tandis qu’Ismaël reçoit la promesse d’une grande descendance et d’un vaste territoire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoutent les lignées d’Esaü, de Qetoura et celles issues de Loth, qui occupent progressivement, selon la tradition rabbinique et les textes bibliques, l’ensemble de la péninsule arabique, de la Jordanie, de la Syrie, et d’une partie des régions voisines. Les peuples que l’on appelle aujourd’hui arabes s’inscrivent historiquement dans cet héritage. Ainsi, loin d’être exclus, ils sont reconnus dans la promesse faite à Abraham.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La promesse concernant Canaan, attribuée à Isaac et prolongée en Jacob, concerne une zone beaucoup plus limitée, celle appelée ensuite Terre d’Israël, comprise entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée. Elle est décrite comme une terre fertile, « où coulent le lait et le miel », mais bien plus réduite que la portion attribuée aux autres descendants d’Abraham. Le partage n’est donc pas inégal d’un point de vue spirituel : les descendants d’Isaac héritent de l’Alliance et de la mission divine, tandis que les autres lignées héritent principalement de vastes territoires et d’une fécondité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La portée théologique et historique de l’alliance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable clé d’interprétation de la promesse biblique ne réside pas dans la superficie des terres attribuées, mais dans l’Alliance elle-même. Dieu rappelle à Abraham : « J’établirai mon alliance entre moi et toi, et je serai ton Dieu » (Genèse 17, 4-7). Cette alliance est reconduite à Isaac puis à Jacob, dont le nom devient Israël. Elle ne concerne pas seulement une possession matérielle mais une mission spirituelle : être le témoin du Dieu unique pour toutes les nations. Les Hébreux reçoivent la responsabilité de conserver, transmettre et expliciter la Parole divine. Leur terre, relativement petite mais stratégiquement située, devient le centre symbolique et spirituel d’une vocation universelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autres peuples issus d’Abraham reçoivent quant à eux l’héritage territorial et la fécondité des nations. Ismaël est béni et promis à une grande descendance, tout comme Esaü. Cela explique l’expansion des populations arabes à travers le Machrek puis le Maghreb. Toutefois, la revendication actuelle visant à remplacer Israël dans sa terre ne repose pas sur la répartition biblique de l’héritage. Elle s’enracine dans une blessure ancienne remontant au récit où Esaü dit : « Ne m’as-tu pas réservé une bénédiction ? » (Genèse 27, 36). Le conflit spirituel trouve ici sa source : certains héritiers d’Abraham se sentent exclus de l’alliance spirituelle définitive transmise à Jacob.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi la question territoriale ne peut être comprise uniquement comme un différend politique moderne. L’expression « du fleuve à la mer » véhicule une revendication symbolique liée à la réappropriation d’une bénédiction que leurs ancêtres ont perdue ou refusée. Le texte rappelle que Dieu confirme à plusieurs reprises que l’Alliance avec Abraham, Isaac et Jacob est irrévocable. Les événements historiques modernes, notamment la création de l’État d’Israël en 1948, sont interprétés dans ce cadre comme une forme de réalisation progressive de cette promesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le débat autour de la Terre d’Israël ne peut être compris sans considérer sa dimension biblique et spirituelle. La terre entre le fleuve et la mer reste liée à la vocation d’Israël d’être témoin du Dieu unique. La question n’est pas seulement géopolitique, mais profondément théologique. La Bible annonce que Dieu rassemblera un jour son peuple dispersé et restaurera sa terre. Cette parole, que le monde observe en cours d’accomplissement, demeure au cœur du débat actuel.</p>
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		<title>Quel est le « mystère de Jérusalem » ?</title>
		<link>https://www.communion-unite.org/article/mystere-de-jerusalem/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2026 08:52:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parler du&#160;«&#160;mystère de Jérusalem&#160;», c&#8217;est reconnaître qu’il s’agit d’une réalité qui dépasse toute appropriation humaine. Jérusalem ne se laisse pas saisir, ni enfermer dans une définition, un projet politique, une théologie exclusive ou une émotion religieuse. « On ne peut pas mettre la main sur Jérusalem », affirmait-on dans les « Montées de Jérusalem« . Elle est un mystère [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Parler du&nbsp;«&nbsp;mystère de Jérusalem&nbsp;», c&rsquo;est reconnaître qu’il s’agit d’une réalité qui dépasse toute appropriation humaine. Jérusalem ne se laisse pas saisir, ni enfermer dans une définition, un projet politique, une théologie exclusive ou une émotion religieuse. « On ne peut pas mettre la main sur Jérusalem », affirmait-on dans les « <a href="https://www.communion-unite.org/montees-de-jerusalem-qui-sont-elles/" data-type="link" data-id="https://www.communion-unite.org/montees-de-jerusalem-qui-sont-elles/">Montées de Jérusalem</a>« . Elle est un mystère à&nbsp;accueillir, à&nbsp;respecter&nbsp;et à&nbsp;servir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rabbin&nbsp;Gilles Bernheim&nbsp;a exprimé cette vérité ainsi :&nbsp;« Le problème de Jérusalem est d’être trop aimée. »&nbsp;Trop aimée, parce que chacun veut l’aimer à sa manière, selon sa mémoire, sa blessure, sa foi ou son idéologie. Et cet amour, lorsqu’il devient exclusif, risque de se transformer en rivalité, en violence ou en négation de l’autre. Le mystère de Jérusalem commence précisément là : dans la tension entre un amour légitime et le danger de l’appropriation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le mystère de l’alliance jamais révoquée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jérusalem est d’abord le lieu du&nbsp;mystère de l’alliance de Dieu avec le peuple juif, une alliance que l’Écriture affirme comme&nbsp;irrévocable. Depuis plus de trois mille ans, cette ville est liée à l’élection d’Israël et à la fidélité de Dieu qui ne se repent pas de ses dons ni de son appel. La permanence du peuple juif à Jérusalem, malgré les exils, les destructions et les persécutions, demeure un signe qui interroge l’histoire et dépasse toute explication purement humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mystère rappelle que Jérusalem n’est pas d’abord un enjeu géopolitique, mais un&nbsp;lieu théologique, où se manifeste la fidélité de Dieu à sa Parole. Toucher à Jérusalem sans reconnaître cette alliance, c’est méconnaître une dimension fondamentale de son identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le mystère de la promesse et de l’attente</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jérusalem est aussi le lieu du&nbsp;temps de l’attente. Le peuple juif y attend toujours le Messie, dans la prière, dans l’étude de la Torah, dans l’espérance jamais éteinte. Cette attente, inscrite dans les pierres mêmes de la ville, fait partie intégrante de son mystère. Elle rappelle que l’histoire n’est pas achevée et que le monde n’est pas encore pleinement réconcilié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les disciples du Messie&nbsp;<em>Yeshua de Nazareth</em>, cette attente entre en résonance avec la confession de foi de sa mort et de sa résurrection à Jérusalem. C’est là que s’est accompli le mystère pascal : le don total de Dieu pour le salut du monde. Jérusalem devient alors le lieu où la mort est vaincue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le mystère du déjà-là et du pas-encore</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le mystère ne s’arrête pas là. Les chrétiens confessent également le&nbsp;retour attendu du Christ, lié, d’une manière ou d’une autre, à Jérusalem. Ainsi, la ville se situe au croisement du&nbsp;<em>déjà accompli</em>&nbsp;et du&nbsp;<em>pas encore</em>, entre mémoire et espérance, entre accomplissement et attente. Elle demeure un signe eschatologique, orienté vers la plénitude du Royaume de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le mystère du surgissement de l’islam</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jérusalem est enfin marquée par le&nbsp;surgissement de l’islam, qui reconnaît lui aussi la sainteté de la ville, mais à sa manière. Elle devient ainsi un lieu unique de rencontre — et de confrontation — entre les trois grandes traditions monothéistes. Cette pluralité religieuse n’est pas un accident de l’histoire, mais une composante du mystère même de Jérusalem.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une vocation de réconciliation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mystère de Jérusalem appelle donc une attitude spirituelle précise :&nbsp;l’humilité. Marcher humblement avec Dieu, pratiquer la justice et aimer la miséricorde (Cf. Mi 6.8) ne sont pas des options secondaires, mais la condition pour honorer la vocation profonde de la ville. Jérusalem ne sera jamais pleinement elle-même tant qu’elle sera revendiquée contre l’autre, et non reçue comme un don à partager. <a href="https://www.hoegger.org/article/congres-jerusalem/" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/article/congres-jerusalem/">« Marcher ensemble à Jérusalem »,</a> tel était le titre d&rsquo;un congrès entre juifs et chrétiens auquel j&rsquo;ai participé. Nous avions approfondi son sens spirituel et, dans un second temps, nous avions marcher dans ses rues. Les juifs expliquaient aux chrétiens les lieux de la mémoire juive. Et les chrétiens faisaient de même sur les traces de leur mémoire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Parler du&nbsp;<em>Mystère de Jérusalem</em>, c’est ainsi reconnaître que cette ville appartient d’abord à Dieu. Elle est le lieu où Dieu se révèle, se cache, appelle et attend. Un lieu où l’histoire humaine est traversée par une promesse qui la dépasse, et où chaque croyant est invité non à posséder, mais à se laisser transformer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>
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		<title>Guérir la relation entre juifs et chrétiens dans la perspective de 2033</title>
		<link>https://www.communion-unite.org/article/guerir-la-relation-2033/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Aug 2026 21:53:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.communion-unite.org/?p=588</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les « escaliers de l&#8217;unité ». St. Pierre en Gallicane, Jérusalem L’année 2025 a marqué le 1700e anniversaire du concile de Nicée, événement fondateur pour l’Église, au cours duquel fut confessée la foi en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Cet anniversaire a constitué une occasion privilégiée de rendre grâce pour l’héritage doctrinal reçu, mais aussi de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Les « escaliers de l&rsquo;unité ». St. Pierre en Gallicane, Jérusalem </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’année 2025 a marqué le 1700e anniversaire du concile de Nicée, événement fondateur pour l’Église, au cours duquel fut confessée la foi en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Cet anniversaire a constitué une occasion privilégiée de rendre grâce pour l’héritage doctrinal reçu, mais aussi de relire avec lucidité les conséquences historiques de ce concile, notamment dans les relations entre juifs et chrétiens.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette perspective que j’ai été amené à réfléchir à nouveau sur Nicée à deux reprises cette année-là. Une première fois lors du 16<sup>e</sup>&nbsp;Congrès international d’ecclésiologie à Thessalonique en septembre, puis une seconde lors de la rencontre «&nbsp;Vers un concile de Jérusalem II&nbsp;» de (TJCII) qui a eu lieu à Jérusalem. Ces deux contextes, l’un académique, l’autre ecclésial et spirituel, m’ont confirmé l’importance d’inscrire la commémoration de Nicée dans un chemin plus large, orienté vers 2033, année du jubilé des deux mille ans de la résurrection du Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nicée et l’éclipse de&nbsp;</strong><strong><em>l’ecclesia ex circumcisione</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le concile de Nicée a joué un rôle décisif dans la clarification de la foi christologique. Cependant, il s’inscrit aussi dans un processus historique de séparation croissante entre l’Église et le judaïsme. L’une des conséquences majeures de ce processus fut l’éclipse progressive de&nbsp;<em>l’ecclesia ex circumcisione,</em>&nbsp;“l’Église issue de la circoncision”, du judaïsme croyant en Jésus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Église primitive, les disciples, les apôtres et surtout Jésus étaient tous&nbsp; juifs. Puis, dans les années qui ont suivi, l’Église apostolique a connu une communion vivante entre Juifs et non-Juifs ; cependant, cette composante juive de l’Église fut progressivement marginalisée, puis rendue invisible. Les conciles dits «&nbsp;œcuméniques&nbsp;», depuis Nicée jusqu’au VIIe siècle, se sont déroulés sans la participation de cette Église issue de la circoncision, contribuant à une compréhension unilatérale de l’unité ecclésiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, depuis une cinquantaine d’années,&nbsp;<em>l’ecclesia ex circumcisione</em>connaît une forme de résurgence, notamment à travers les communautés messianiques. Cette réalité constitue un appel adressé à toutes les Églises. Elle interroge les catégories ecclésiologiques héritées et oblige à repenser la relation entre Israël et l’Église à la lumière de l’Écriture et de la foi apostolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma participation, durant près de vingt ans, à plusieurs « Montées de Jérusalem », ainsi que mes rencontres avec des communautés messianiques en Israël et avec diverses Églises historiques, m’ont permis de mesurer la profondeur de ce défi. Plus récemment, la rencontre de TJCII à Jérusalem, avec des croyants juifs en Jésus venus de différents pays, a confirmé que cette question dépasse largement le cadre local et concerne l’Église universelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’initiative TJCII pose une question centrale : comment transformer l’éclipse historique de&nbsp;<em>l’ecclesia ex circumcisione</em>&nbsp;en un accueil réciproque et structurant pour l’Église ? Sa réponse s’inscrit dans une logique biblique et ecclésiale : convoquer un concile où cette Église serait pleinement partie prenante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parallèle avec le premier concile de Jérusalem est éclairant. En Actes 15, l’Église a discerné les conditions d’accueil des croyants issus des nations dans la nouvelle alliance en Jésus, le Messie d’Israël. Aujourd’hui, un second concile de Jérusalem aurait pour vocation de discerner les conditions d’une communion pleinement restaurée entre les juifs qui croient en ce même Messie et l’Église issue des nations, sans assimilation ni effacement des identités.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’horizon de 2033 : résurrection et réconciliation, un chemin d’humilité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette perspective que le chemin vers 2033 prend toute sa signification. Le jubilé des deux mille ans de la résurrection ne peut être qu’une simple commémoration. Il appelle l’Église à revenir à la source même de sa foi et de sa mission. Or la résurrection du Christ confirme à la fois la fidélité de Dieu aux promesses faites à Israël et l’ouverture du salut aux nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’issue de la rencontre oecuménique vécue à Iznik, l’antique Nicée, en novembre 2025, le pape Léon XIV a invité toutes les Églises à « parcourir ensemble le chemin spirituel qui mène au Jubilé de la Rédemption en 2033 », à la source de notre foi, à Jérusalem (Cf. Vatican News). Ce chemin ne pourra pas se faire sans le judaïsme et en particulier sans cette Église issue de la circoncision! Prions et travaillons pour qu’en 2033 une accolade fraternelle soit donnée&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les paroles de Syméon, Jésus est «&nbsp;lumière pour les nations et gloire d’Israël&nbsp;» (Luc 2.32).&nbsp; Le jubilé de 2033 ne pourra donc être authentiquement célébré sans un approfondissement de la réconciliation entre juifs et chrétiens, et sans un accueil renouvelé de&nbsp;<em>l’ecclesia ex circumcisione</em>&nbsp;comme une dimension constitutive de l’unique peuple de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La relecture critique du concile de Nicée, loin d’affaiblir la foi de l’Église, peut au contraire la purifier et la rendre plus conforme à l’intention originelle de Dieu. Accueillir&nbsp;<em>l’ecclesia ex circumcisione</em>ne relève pas d’une option secondaire, mais touche au cœur même de l’unité de l’Église.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prions et travaillons pour que le chemin vers 2033 soit marqué par l’humilité, la repentance, l’écoute de l’Esprit et une grande effusion de sa grâce. Alors l’Église pourra davantage correspondre à ce que son Seigneur a voulu pour elle : une communion réconciliée entre juifs et gentils, vivant selon l’appel de l’apôtre Paul : « Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu » (Romains 15.7).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pour un article plus complet sur cette question, voir&nbsp;</em><a href="https://www.hoegger.org/article/nicee-judaisme/"><strong><em>https://www.hoegger.org/article/nicee-judaisme/</em></strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image : Les escaliers de Saint Pierre en Gallicante à Jérusalem, lieu traditionnel où Jésus aurait prononcé sa prière pour l’unité (Jean 17)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>
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		<title>Le peuple juif est-il le peuple de Dieu ?</title>
		<link>https://www.communion-unite.org/article/le-peuple-juif-est-il-le-peuple-de-dieu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Aug 2026 20:49:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Martin Hoegger Voir ici la vidéo du message de Martin Hoegger à partir de la minute 44. er Mettez-vous à la place de ces disciples de Jésus qui vivaient dans la Turquie actuelle, à qui Pierre dit : «&#160;vous n’étiez pas le peuple de Dieu, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu. Vous [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Par Martin Hoegger</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ZR0xCYX3U2o&amp;t=3414s">Voir ici la vidéo du message de Martin Hoegger à partir de la minute 44. er</a></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mettez-vous à la place de ces disciples de Jésus qui vivaient dans la Turquie actuelle, à qui Pierre dit : «&nbsp;vous n’étiez pas le peuple de Dieu, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu. Vous n’aviez pas connu la compassion de Dieu, mais maintenant vous avez connu la compassion de Dieu.&nbsp;» (1 Pierre 2.9-10)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginez la profondeur de cette révélation. Ils ne connaissaient pas le Dieu d’Israël, ils vivaient dans le paganisme, et voici qu’on leur applique tout ce que l’Ancien Testament disait d’Israël. Ils sont appelés à la sainteté, à vivre dans la Parole, à aimer comme Dieu les a aimés, à le mettre en premier et à aimer leurs proches comme eux-mêmes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas un simple changement de statut religieux, c’est une transformation radicale de leur identité. Ils découvrent qu’ils sont devenus le peuple de Dieu, appelés par Dieu, visités par sa miséricorde, pardonnés et faisant l’expérience de l’Esprit, tout comme Israël pendant plus de mille ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela, ils ne le savaient pas. Ils le savent maintenant et ils le vivent&nbsp;: «&nbsp;Vous êtes le peuple de Dieu.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une question délicate</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant se pose une question délicate. Si délicate que j’aimerais attirer votre attention spirituelle et demander votre prière, afin que je parle droitement, selon la vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est la suivante : si l’Église est le peuple de Dieu, le peuple juif l’est-il encore, ou bien l’Église l’a-elle remplacé ? C’est une question délicate, aussi à cause de la situation actuelle.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse du Nouveau Testament à cette question est&nbsp;<strong>clairement oui,&nbsp;</strong>Israël est toujours le peuple de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Les dons et les appels de Dieu sont irrévocables&nbsp;», dit en effet Paul en parlant du peuple juif. (Romains 11.29)&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et dès le début de l’Évangile, Marie, dans son chant du Magnificat, déclare : « Le Seigneur a relevé Israël, son serviteur, en souvenir de sa miséricorde, comme il l’avait promis à nos pères, à Abraham et à sa descendance pour toujours. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour toujours&nbsp;! La descendance d’Abraham est le serviteur de Dieu jusqu’à aujourd’hui. Si Marie le dit, qui suis-je pour le contester ? Voilà ce que dit le Nouveau Testament.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La tragédie de l’histoire de l’Église</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant la tragédie de l’histoire de l’Église, c’est d’avoir fait, dès le deuxième siècle, le raisonnement suivant : parce qu’Israël a refusé de croire en Jésus-Christ et, surtout, l’a crucifié, Dieu aurait rejeté son peuple et l’aurait remplacé par l’Église.&nbsp;&nbsp;Il ne le visite plus et il déchu de sa grâce.&nbsp;&nbsp;C’est cette «&nbsp;théologie du remplacement&nbsp;» qui a traversé les siècles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle s’est cristallisée de manière tragique lors du concile de Nicée, en 325, où l’empereur Constantin écrivait aux Églises : « Nous ne voulons rien avoir à faire avec cette détestable race des Juifs. »&nbsp;(<a href="https://www.hoegger.org/article/nicee-judaisme/">Voir ici ma réflexion sur Nicée et le judaïsme</a>.)</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’empereur, avec toute son autorité, a donc affirmé que l’Église devait tourner le dos au peuple juif. Alors que le Christ est juif, de mère juive et qu’il accomplit les prophéties juives de l’Ancien Testament&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet «&nbsp;enseignement du mépris&nbsp;» – comme l’a dit Jules Isaac – a traversé les siècles, jusqu’au paroxysme de la Shoah, ce massacre de six millions de Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement, cet enseignement a été progressivement abandonné au lendemain de la guerre, à la suite du dialogue judéo-chrétien où les&nbsp;<em>Thèses de Seelisberg</em>, du côté protestant en 1946 et la&nbsp;<em>Déclaration Nostra Aetate</em>, vingt ans plus tard, sont des pierres milliaires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;L’Alliance jamais révoquée&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un des acquis de ce dialogue est que l’Alliance avec Israël est irrévocable. Comme le dit le sous-titre du «&nbsp;<a href="https://shs.cairn.info/revue-revue-sens-2025-5-page-96?lang=fr">Manuel de la théologie d’Israël&nbsp;</a>», un livre important récemment écrit par des théologiens protestants, l’Alliance n’est « jamais révoquée&nbsp;».&nbsp;&nbsp;&nbsp;Par conséquent, le peuple juif reste le peuple choisi par Dieu, appelé à «&nbsp;pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec son Dieu&nbsp;» (Michée 6,8).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Alliance jamais révoquée&nbsp;? Je dois vous dire que pendant de longues années, j’ai moi-même eu une profonde hésitation à ce sujet, alors même que j’étais membre des Amitiés judéo-chrétiennes depuis le temps de mes études, en 1985. Ce n’est que récemment, en 2020 que j’ai reçu la conviction que le peuple juif est vraiment encore le peuple que Dieu ne cesse de relever. Ceci à la suite, je crois, d’une grâce particulière de Dieu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il semble aussi que cet acquis du dialogue judéo-chrétien soit aujourd’hui remis en cause, surtout à cause du conflit israélo-palestinien. Certains, même dans l’Église, considèrent le peuple juif comme un peuple comme les autres, et même pire que les autres. Regardez les injustices commises contre les Palestiniens et le «&nbsp;génocide&nbsp;» perpétré à Gaza, disent-ils.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, on peut ne pas être d’accord avec certaines lignes de la politique du gouvernement de l’état d’Israël concernant les injustices que vit le peuple palestinien. D’ailleurs l’opposition en Israël ne se gêne pas de le dire et de grandes manifestations ont lieu. Mais remettre en cause le choix de Dieu est une autre affaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai fait l’expérience l’année dernière où j’ai donné un message dans ce même temple du Mont sur Lausanne sur le verset «&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/mystere-israel/">les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables&nbsp;</a>», où Paul affirme que le peuple juif continue à être aimé de Dieu. J’ai publié ma prédication sur Facebook laquelle a suscité de nombreuses réactions critiques, certaines venant de pasteurs de mon Église qui remettaient radicalement en question l’élection d’Israël.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La responsabilité de l’Église aujourd’hui</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je reviens au texte de la première lettre de Pierre&nbsp;: «&nbsp;Approchez-vous de lui (le Christ), pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu », Je le mets en lien avec l’Évangile lu ce jour : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.&nbsp;» (Jean 14.6)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet appel du Christ suivi par celui de Pierre, est valable pour tous, pour les Juifs et les non-Juifs. Tous sont appelés à s’approcher de Jésus ; il n’y a pas de différences. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En lui, Juifs et non-juifs sont réconciliés. C’est le message fondamental de l’apôtre Paul : en Christ, le mur de haine qui s’élevait entre les Juifs et les non-Juifs tombe (cf Éphésiens 2&nbsp;; Romains 15). Ce mur de haine que nous voyons parfois se réériger aujourd’hui doit tomber en Christ. Mais pour cela, nous avons sans cesse à nous «&nbsp;approcher de lui, la pierre vivante&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à l’antisémitisme galopant actuel, la responsabilité de l’Église est de rappeler que le peuple juif reste le serviteur et le peuple de Dieu, appelé à pratiquer la justice, à aimer la miséricorde et à marcher humblement avec son Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël est le peuple de Dieu, envers et contre tout, malgré les injustices dont il se rend coupable. Comme le dit Paul, l’infidélité de certains ne rend pas nulle l’élection ou la fidélité de Dieu envers Israël: «&nbsp;Si certains furent infidèles, leur infidélité va-t-elle annuler la fidélité de Dieu&nbsp;? Certes non&nbsp;!&nbsp;» (Romains 3.3). Plus tard, ll renforcera cette idée que les promesses de Dieu sont basées sur sa propre fidélité, et non sur notre conduite parfaite. Ceci est valable aussi pour les chrétiens : «&nbsp;Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même&nbsp;». (2 Tim 2.13)&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, Paul appelle aussi son peuple à reconnaître la venue du Messie Jésus: «&nbsp;L’Évangile est une puissance de Dieu, pour le Juif d’abord, pour le Grec ensuite&nbsp;», affirme-t-il (Romains 1.16).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à aujourd’hui, c’est «&nbsp;pour les Juifs d’abord&nbsp;» que Jésus est venu. Que veut alors dire vivre l’Évangile avec eux&nbsp;? L’Évangile est une bonne nouvelle de joie, de justice et de paix. Le vivre signifie faire le premier pas envers eux, les apprécier, les écouter, les visiter, les embrasser, les accueillir, parfois les interroger aussi. Mais l’Église les a jugés et exclus, et continue à le faire, transformant l’Évangile en une mauvaise nouvelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Le mystère d’Israël&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au commencement, une multitude de juifs a adhéré au message du Christ, comme le montre ce passage du livre des Actes des apôtres où l’on voit que de nombreux prêtres ont aussi cru en lui (Actes 6.7).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais peu à peu les autorités juives lui tournent le dos et refusent d’accueillir Jésus. C’est ce qu’on appelle le «&nbsp;mystère d’Israël&nbsp;»&nbsp;: pourquoi Jésus, qui est juif, qui est venu chez les siens, est-il rejeté par son peuple ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mystère de l’incrédulité d’Israël continue jusqu’à aujourd’hui. C’est un grand mystère que Dieu permet pour nous appeler à aimer et à prier encore davantage pour le peuple élu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais depuis la création de l’État d’Israël, et en particulier depuis que Jérusalem est sous souveraineté juive (en 1967), ce reste grandit de manière extraordinaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les quinze millions de Juifs, aujourd’hui, il y a, estime-t-on, un million de Juifs qui reconnaissent Jésus comme le Messie d’Israël. Peut-être est-ce un signe des temps&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les trois dimensions du peuple de Dieu</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me semble nécessaire de distinguer trois dimensions quand on utilise l’expression « peuple de Dieu ». La première dimension est l’«&nbsp;Israël selon la chair.&nbsp;» Le peuple juif aujourd’hui, dans toute sa diversité, compte des gens très croyants, des incroyants, des gens fidèles ou infidèles, tout comme parmi les chrétiens. Il y a aussi toutes les positions possibles et imaginables concernant la politique de l’État d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième dimension est ce que l’on pourrait appeler le « reste » d’Israël. Il s’agit de ces Juifs qui restent juifs, pratiquant la loi de Moïse, la Cashrout ou les règles alimentaires, le shabbat, les fêtes du calendrier juif, mais qui reconnaissent Jésus comme leur Messie. Une reconnaissance, d’ailleurs, à laquelle est appelée tout Israël&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième dimension, c’est chacun de nous ici dans ce temple&nbsp;: les chrétiens issus des nations qui, par la grâce de Dieu sont devenus «&nbsp;peuple de Dieu&nbsp;», branches de l’olivier sauvage greffées sur l’olivier franc qu’est Israël. (Cf. Romains 11)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà ces trois dimensions du peuple de Dieu qu’il nous faut donc garder à l’esprit : Israël selon la chair, le reste d’Israël croyant en Jésus et l’Église issue des nations.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deux expériences à Jérusalem</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais conclure par deux expériences marquantes vécues à Jérusalem.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première fut un congrès judéo-chrétien sur le thème : «&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/congres-jerusalem/">Marcher ensemble à Jérusalem.&nbsp;</a>» Durant une semaine, nous avons réfléchi sur le sens de Jérusalem pour les juifs et pour les chrétiens. Puis nous avons marché ensemble dans cette ville. Les juifs expliquant aux chrétiens les lieux de mémoire juive, puis les chrétiens expliquant aux juifs les lieux de mémoire chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons terminé notre parcours au pied des escaliers qui descendent de l’église Saint-Pierre en Gallicante, en dessous du Mont Sion, là où Pierre a renié Jésus à trois reprises. Selon une tradition, c’est ici que Jésus aurait prié pour l’unité de toute la famille humaine : « Que tous soient un. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que nous avons eu un premier moment de prière, très simple. Le psaume 23, « Le Seigneur est mon berger », chanté en hébreu par une juive, puis en arabe par des chrétiens palestiniens. Et nous avons renouvelé entre nous une sorte de pacte d’amitié, demandant à Dieu que rien ne puisse nous séparer les uns des autres, et nous engageant à vivre cette fraternité à laquelle nos livres saints nous appellent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis notre chemin nous a conduits dans la vieille ville de Jérusalem, à travers la porte qui ouvre vers le Mur occidental, le Kotel en hébreu. Chacun est d’abord allé y prier individuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis nous nous sommes retrouvés en cercle sur la grande place devant le mur. Et nous avons à nouveau prié, l’une tradition s’associant à la prière de l’autre. Nous avons demandé à Dieu de nous utiliser comme des instruments de paix et de réconciliation, de pratiquer la justice et de marcher humblement avec lui, en Israël et partout dans le monde. J’ai eu alors le sentiment très fort que Dieu s’était discrètement glissé parmi nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième expérience, je l’ai vécue en octobre dernier à Jérusalem, dans le cadre du mouvement&nbsp;<a href="https://www.communion-unite.org/article/tjcii-graces/">«&nbsp;Vers un second Concile de Jérusalem.</a>&nbsp;» Après une conférence que j’ai donnée sur le concile de Nicée et sur la manière dont il a tourné le dos au judaïsme, cinquante chrétiens issus des nations ont demandé pardon à cinquante juifs confessant Jésus comme leur Messie, ce « reste », pour ce séculaire enseignement du mépris. Ce fut un moment d’une grande intensité spirituelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conclusion&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous la propose par la prière prononcée par François Pache, à la suite de mon message:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Prions pour que le Seigneur nous donne de regarder constamment à Lui. Approchons-nous avec confiance du trône de la grâce&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, pardonne nos attitudes intérieures, notre dureté de cœur, notre tendance à juger, à classer et à rejeter. Tu nous appelles à un esprit nouveau, un cœur nouveau, rempli de ton amour. Nous te présentons ton peuple, Israël.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, nous te prions pour que le reste d’Israël grandisse pour qu’elle soit source de bénédiction pour le monde entier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous te prions pour ton peuple, sur lequel nous sommes greffés, comme le dit l’apôtre Paul. Nous te prions pour que le regard que nous portons sur lui soit illuminé de ton amour et de ta fidélité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous te prions pour le monde, au milieu des tensions et des violences, pour faire régner ta paix et susciter des hommes et des femmes de justice et de réconciliation. Nous confions nos malades, ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur cœur. Viens les visiter, les soutenir, les relever. Donne sagesse et compassion à ceux qui les soignent. Nous te prions pour les chrétiens persécutés, pour les couples et les familles, pour les jeunes qui cherchent à faire quelque chose pour annoncer l’Évangile.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, bénis-les, encourage-les. Nous te présentons nos proches, nos amis, ceux qui nous sont chers. Bénis-les, accompagne-les et fais de nos relations des lieux de vie, de vérité et de grâce. Fais de nous, Seigneur, des témoins fidèles de ton amour, des porteurs d’espérance, là où tu nous places. Nous avons confiance en toi, car tu es le chemin, la vérité et la vie.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Questions pour un partage</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">– Qu’est-ce que cela change dans notre foi de reconnaître qu’Israël demeure le peuple de Dieu et que l’Alliance avec lui n’a jamais été révoquée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Comment l’Église peut-elle aujourd’hui vivre l’Évangile avec le peuple juif autrement que dans le jugement, en entrant dans une attitude d’écoute, de respect et de fraternité ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Dans notre vie concrète, comment sommes-nous appelés à devenir des artisans de paix et de réconciliation, là où des murs de méfiance ou de rejet se sont dressés ?</p>



<h1 class="wp-block-heading">Le peuple juif est-il le peuple de Dieu&nbsp;?</h1>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ZR0xCYX3U2o&amp;t=3414s">Voir ici la vidéo de mon message, à partir de la minute 44.</a></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mettez-vous à la place de ces disciples de Jésus qui vivaient dans la Turquie actuelle, à qui Pierre dit : «&nbsp;vous n’étiez pas le peuple de Dieu, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu. Vous n’aviez pas connu la compassion de Dieu, mais maintenant vous avez connu la compassion de Dieu.&nbsp;» (1 Pierre 2.9-10)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginez la profondeur de cette révélation. Ils ne connaissaient pas le Dieu d’Israël, ils vivaient dans le paganisme, et voici qu’on leur applique tout ce que l’Ancien Testament disait d’Israël. Ils sont appelés à la sainteté, à vivre dans la Parole, à aimer comme Dieu les a aimés, à le mettre en premier et à aimer leurs proches comme eux-mêmes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas un simple changement de statut religieux, c’est une transformation radicale de leur identité. Ils découvrent qu’ils sont devenus le peuple de Dieu, appelés par Dieu, visités par sa miséricorde, pardonnés et faisant l’expérience de l’Esprit, tout comme Israël pendant plus de mille ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela, ils ne le savaient pas. Ils le savent maintenant et ils le vivent&nbsp;: «&nbsp;Vous êtes le peuple de Dieu.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une question délicate</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant se pose une question délicate. Si délicate que j’aimerais attirer votre attention spirituelle et demander votre prière, afin que je parle droitement, selon la vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est la suivante : si l’Église est le peuple de Dieu, le peuple juif l’est-il encore, ou bien l’Église l’a-elle remplacé ? C’est une question délicate, aussi à cause de la situation actuelle.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse du Nouveau Testament à cette question est&nbsp;<strong>clairement oui,&nbsp;</strong>Israël est toujours le peuple de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Les dons et les appels de Dieu sont irrévocables&nbsp;», dit en effet Paul en parlant du peuple juif. (Romains 11.29)&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et dès le début de l’Évangile, Marie, dans son chant du Magnificat, déclare : « Le Seigneur a relevé Israël, son serviteur, en souvenir de sa miséricorde, comme il l’avait promis à nos pères, à Abraham et à sa descendance pour toujours. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour toujours&nbsp;! La descendance d’Abraham est le serviteur de Dieu jusqu’à aujourd’hui. Si Marie le dit, qui suis-je pour le contester ? Voilà ce que dit le Nouveau Testament.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La tragédie de l’histoire de l’Église</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant la tragédie de l’histoire de l’Église, c’est d’avoir fait, dès le deuxième siècle, le raisonnement suivant : parce qu’Israël a refusé de croire en Jésus-Christ et, surtout, l’a crucifié, Dieu aurait rejeté son peuple et l’aurait remplacé par l’Église.&nbsp;&nbsp;Il ne le visite plus et il déchu de sa grâce.&nbsp;&nbsp;C’est cette «&nbsp;théologie du remplacement&nbsp;» qui a traversé les siècles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle s’est cristallisée de manière tragique lors du concile de Nicée, en 325, où l’empereur Constantin écrivait aux Églises : « Nous ne voulons rien avoir à faire avec cette détestable race des Juifs. »&nbsp;(<a href="https://www.hoegger.org/article/nicee-judaisme/">Voir ici ma réflexion sur Nicée et le judaïsme</a>.)</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’empereur, avec toute son autorité, a donc affirmé que l’Église devait tourner le dos au peuple juif. Alors que le Christ est juif, de mère juive et qu’il accomplit les prophéties juives de l’Ancien Testament&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet «&nbsp;enseignement du mépris&nbsp;» – comme l’a dit Jules Isaac – a traversé les siècles, jusqu’au paroxysme de la Shoah, ce massacre de six millions de Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement, cet enseignement a été progressivement abandonné au lendemain de la guerre, à la suite du dialogue judéo-chrétien où les&nbsp;<em>Thèses de Seelisberg</em>, du côté protestant en 1946 et la&nbsp;<em>Déclaration Nostra Aetate</em>, vingt ans plus tard, sont des pierres milliaires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;L’Alliance jamais révoquée&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un des acquis de ce dialogue est que l’Alliance avec Israël est irrévocable. Comme le dit le sous-titre du «&nbsp;<a href="https://shs.cairn.info/revue-revue-sens-2025-5-page-96?lang=fr">Manuel de la théologie d’Israël&nbsp;</a>», un livre important récemment écrit par des théologiens protestants, l’Alliance n’est « jamais révoquée&nbsp;».&nbsp;&nbsp;&nbsp;Par conséquent, le peuple juif reste le peuple choisi par Dieu, appelé à «&nbsp;pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec son Dieu&nbsp;» (Michée 6,8).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Alliance jamais révoquée&nbsp;? Je dois vous dire que pendant de longues années, j’ai moi-même eu une profonde hésitation à ce sujet, alors même que j’étais membre des Amitiés judéo-chrétiennes depuis le temps de mes études, en 1985. Ce n’est que récemment, en 2020 que j’ai reçu la conviction que le peuple juif est vraiment encore le peuple que Dieu ne cesse de relever. Ceci à la suite, je crois, d’une grâce particulière de Dieu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il semble aussi que cet acquis du dialogue judéo-chrétien soit aujourd’hui remis en cause, surtout à cause du conflit israélo-palestinien. Certains, même dans l’Église, considèrent le peuple juif comme un peuple comme les autres, et même pire que les autres. Regardez les injustices commises contre les Palestiniens et le «&nbsp;génocide&nbsp;» perpétré à Gaza, disent-ils.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, on peut ne pas être d’accord avec certaines lignes de la politique du gouvernement de l’état d’Israël concernant les injustices que vit le peuple palestinien. D’ailleurs l’opposition en Israël ne se gêne pas de le dire et de grandes manifestations ont lieu. Mais remettre en cause le choix de Dieu est une autre affaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai fait l’expérience l’année dernière où j’ai donné un message dans ce même temple du Mont sur Lausanne sur le verset «&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/mystere-israel/">les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables&nbsp;</a>», où Paul affirme que le peuple juif continue à être aimé de Dieu. J’ai publié ma prédication sur Facebook laquelle a suscité de nombreuses réactions critiques, certaines venant de pasteurs de mon Église qui remettaient radicalement en question l’élection d’Israël.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La responsabilité de l’Église aujourd’hui</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je reviens au texte de la première lettre de Pierre&nbsp;: «&nbsp;Approchez-vous de lui (le Christ), pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu », Je le mets en lien avec l’Évangile lu ce jour : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.&nbsp;» (Jean 14.6)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet appel du Christ suivi par celui de Pierre, est valable pour tous, pour les Juifs et les non-Juifs. Tous sont appelés à s’approcher de Jésus&nbsp;; il n’y a pas de différences. T&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En lui, Juifs et non-juifs sont réconciliés. C’est le message fondamental de l’apôtre Paul : en Christ, le mur de haine qui s’élevait entre les Juifs et les non-Juifs tombe (cf Éphésiens 2&nbsp;; Romains 15). Ce mur de haine que nous voyons parfois se réériger aujourd’hui doit tomber en Christ. Mais pour cela, nous avons sans cesse à nous «&nbsp;approcher de lui, la pierre vivante&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à l’antisémitisme galopant actuel, la responsabilité de l’Église est de rappeler que le peuple juif reste le serviteur et le peuple de Dieu, appelé à pratiquer la justice, à aimer la miséricorde et à marcher humblement avec son Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël est le peuple de Dieu, envers et contre tout, malgré les injustices dont il se rend coupable. Comme le dit Paul, l’infidélité de certains ne rend pas nulle l’élection ou la fidélité de Dieu envers Israël: «&nbsp;Si certains furent infidèles, leur infidélité va-t-elle annuler la fidélité de Dieu&nbsp;? Certes non&nbsp;!&nbsp;» (Romains 3.3). Plus tard, ll renforcera cette idée que les promesses de Dieu sont basées sur sa propre fidélité, et non sur notre conduite parfaite. Ceci est valable aussi pour les chrétiens : «&nbsp;Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même&nbsp;». (2 Tim 2.13)&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, Paul appelle aussi son peuple à reconnaître la venue du Messie Jésus: «&nbsp;L’Évangile est une puissance de Dieu, pour le Juif d’abord, pour le Grec ensuite&nbsp;», affirme-t-il (Romains 1.16).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à aujourd’hui, c’est «&nbsp;pour les Juifs d’abord&nbsp;» que Jésus est venu. Que veut alors dire vivre l’Évangile avec eux&nbsp;? L’Évangile est une bonne nouvelle de joie, de justice et de paix. Le vivre signifie faire le premier pas envers eux, les apprécier, les écouter, les visiter, les embrasser, les accueillir, parfois les interroger aussi. Mais l’Église les a jugés et exclus, et continue à le faire, transformant l’Évangile en une mauvaise nouvelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Le mystère d’Israël&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au commencement, une multitude de juifs a adhéré au message du Christ, comme le montre ce passage du livre des Actes des apôtres où l’on voit que de nombreux prêtres ont aussi cru en lui (Actes 6.7).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais peu à peu les autorités juives lui tournent le dos et refusent d’accueillir Jésus. C’est ce qu’on appelle le «&nbsp;mystère d’Israël&nbsp;»&nbsp;: pourquoi Jésus, qui est juif, qui est venu chez les siens, est-il rejeté par son peuple ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mystère de l’incrédulité d’Israël continue jusqu’à aujourd’hui. C’est un grand mystère que Dieu permet pour nous appeler à aimer et à prier encore davantage pour le peuple élu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais depuis la création de l’État d’Israël, et en particulier depuis que Jérusalem est sous souveraineté juive (en 1967), ce reste grandit de manière extraordinaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les quinze millions de Juifs, aujourd’hui, il y a, estime-t-on, un million de Juifs qui reconnaissent Jésus comme le Messie d’Israël. Peut-être est-ce un signe des temps&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les trois dimensions du peuple de Dieu</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me semble nécessaire de distinguer trois dimensions quand on utilise l’expression « peuple de Dieu ». La première dimension est l’«&nbsp;Israël selon la chair.&nbsp;» Le peuple juif aujourd’hui, dans toute sa diversité, compte des gens très croyants, des incroyants, des gens fidèles ou infidèles, tout comme parmi les chrétiens. Il y a aussi toutes les positions possibles et imaginables concernant la politique de l’État d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième dimension est ce que l’on pourrait appeler le « reste » d’Israël. Il s’agit de ces Juifs qui restent juifs, pratiquant la loi de Moïse, la Cashrout ou les règles alimentaires, le shabbat, les fêtes du calendrier juif, mais qui reconnaissent Jésus comme leur Messie. Une reconnaissance, d’ailleurs, à laquelle est appelée tout Israël&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième dimension, c’est chacun de nous ici dans ce temple&nbsp;: les chrétiens issus des nations qui, par la grâce de Dieu sont devenus «&nbsp;peuple de Dieu&nbsp;», branches de l’olivier sauvage greffées sur l’olivier franc qu’est Israël. (Cf. Romains 11)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà ces trois dimensions du peuple de Dieu qu’il nous faut donc garder à l’esprit : Israël selon la chair, le reste d’Israël croyant en Jésus et l’Église issue des nations.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deux expériences à Jérusalem</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais conclure par deux expériences marquantes vécues à Jérusalem.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première fut un congrès judéo-chrétien sur le thème : «&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/congres-jerusalem/">Marcher ensemble à Jérusalem.&nbsp;</a>» Durant une semaine, nous avons réfléchi sur le sens de Jérusalem pour les juifs et pour les chrétiens. Puis nous avons marché ensemble dans cette ville. Les juifs expliquant aux chrétiens les lieux de mémoire juive, puis les chrétiens expliquant aux juifs les lieux de mémoire chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons terminé notre parcours au pied des escaliers qui descendent de l’église Saint-Pierre en Gallicante, en dessous du Mont Sion, là où Pierre a renié Jésus à trois reprises. Selon une tradition, c’est ici que Jésus aurait prié pour l’unité de toute la famille humaine : « Que tous soient un. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que nous avons eu un premier moment de prière, très simple. Le psaume 23, « Le Seigneur est mon berger », chanté en hébreu par une juive, puis en arabe par des chrétiens palestiniens. Et nous avons renouvelé entre nous une sorte de pacte d’amitié, demandant à Dieu que rien ne puisse nous séparer les uns des autres, et nous engageant à vivre cette fraternité à laquelle nos livres saints nous appellent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis notre chemin nous a conduits dans la vieille ville de Jérusalem, à travers la porte qui ouvre vers le Mur occidental, le Kotel en hébreu. Chacun est d’abord allé y prier individuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis nous nous sommes retrouvés en cercle sur la grande place devant le mur. Et nous avons à nouveau prié, l’une tradition s’associant à la prière de l’autre. Nous avons demandé à Dieu de nous utiliser comme des instruments de paix et de réconciliation, de pratiquer la justice et de marcher humblement avec lui, en Israël et partout dans le monde. J’ai eu alors le sentiment très fort que Dieu s’était discrètement glissé parmi nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième expérience, je l’ai vécue en octobre dernier à Jérusalem, dans le cadre du mouvement&nbsp;<a href="https://www.communion-unite.org/article/tjcii-graces/">«&nbsp;Vers un second Concile de Jérusalem.</a>&nbsp;» Après une conférence que j’ai donnée sur le concile de Nicée et sur la manière dont il a tourné le dos au judaïsme, cinquante chrétiens issus des nations ont demandé pardon à cinquante juifs confessant Jésus comme leur Messie, ce « reste », pour ce séculaire enseignement du mépris. Ce fut un moment d’une grande intensité spirituelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conclusion&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous la propose par la prière prononcée par François Pache, à la suite de mon message:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Prions pour que le Seigneur nous donne de regarder constamment à Lui. Approchons-nous avec confiance du trône de la grâce&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, pardonne nos attitudes intérieures, notre dureté de cœur, notre tendance à juger, à classer et à rejeter. Tu nous appelles à un esprit nouveau, un cœur nouveau, rempli de ton amour. Nous te présentons ton peuple, Israël.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, nous te prions pour que le reste d’Israël grandisse pour qu’elle soit source de bénédiction pour le monde entier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous te prions pour ton peuple, sur lequel nous sommes greffés, comme le dit l’apôtre Paul. Nous te prions pour que le regard que nous portons sur lui soit illuminé de ton amour et de ta fidélité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous te prions pour le monde, au milieu des tensions et des violences, pour faire régner ta paix et susciter des hommes et des femmes de justice et de réconciliation. Nous confions nos malades, ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur cœur. Viens les visiter, les soutenir, les relever. Donne sagesse et compassion à ceux qui les soignent. Nous te prions pour les chrétiens persécutés, pour les couples et les familles, pour les jeunes qui cherchent à faire quelque chose pour annoncer l’Évangile.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, bénis-les, encourage-les. Nous te présentons nos proches, nos amis, ceux qui nous sont chers. Bénis-les, accompagne-les et fais de nos relations des lieux de vie, de vérité et de grâce. Fais de nous, Seigneur, des témoins fidèles de ton amour, des porteurs d’espérance, là où tu nous places. Nous avons confiance en toi, car tu es le chemin, la vérité et la vie.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Questions pour un partage</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">– Qu’est-ce que cela change dans notre foi de reconnaître qu’Israël demeure le peuple de Dieu et que l’Alliance avec lui n’a jamais été révoquée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Comment l’Église peut-elle aujourd’hui vivre l’Évangile avec le peuple juif autrement que dans le jugement, en entrant dans une attitude d’écoute, de respect et de fraternité ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Dans notre vie concrète, comment sommes-nous appelés à devenir des artisans de paix et de réconciliation, là où des murs de méfiance ou de rejet se sont dressés ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ZR0xCYX3U2o&amp;t=3414s">Voir ici la vidéo de mon message, à partir de la minute 44.</a></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mettez-vous à la place de ces disciples de Jésus qui vivaient dans la Turquie actuelle, à qui Pierre dit : «&nbsp;vous n’étiez pas le peuple de Dieu, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu. Vous n’aviez pas connu la compassion de Dieu, mais maintenant vous avez connu la compassion de Dieu.&nbsp;» (1 Pierre 2.9-10)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginez la profondeur de cette révélation. Ils ne connaissaient pas le Dieu d’Israël, ils vivaient dans le paganisme, et voici qu’on leur applique tout ce que l’Ancien Testament disait d’Israël. Ils sont appelés à la sainteté, à vivre dans la Parole, à aimer comme Dieu les a aimés, à le mettre en premier et à aimer leurs proches comme eux-mêmes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas un simple changement de statut religieux, c’est une transformation radicale de leur identité. Ils découvrent qu’ils sont devenus le peuple de Dieu, appelés par Dieu, visités par sa miséricorde, pardonnés et faisant l’expérience de l’Esprit, tout comme Israël pendant plus de mille ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela, ils ne le savaient pas. Ils le savent maintenant et ils le vivent&nbsp;: «&nbsp;Vous êtes le peuple de Dieu.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une question délicate</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant se pose une question délicate. Si délicate que j’aimerais attirer votre attention spirituelle et demander votre prière, afin que je parle droitement, selon la vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est la suivante : si l’Église est le peuple de Dieu, le peuple juif l’est-il encore, ou bien l’Église l’a-elle remplacé ? C’est une question délicate, aussi à cause de la situation actuelle.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse du Nouveau Testament à cette question est&nbsp;<strong>clairement oui,&nbsp;</strong>Israël est toujours le peuple de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Les dons et les appels de Dieu sont irrévocables&nbsp;», dit en effet Paul en parlant du peuple juif. (Romains 11.29)&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et dès le début de l’Évangile, Marie, dans son chant du Magnificat, déclare : « Le Seigneur a relevé Israël, son serviteur, en souvenir de sa miséricorde, comme il l’avait promis à nos pères, à Abraham et à sa descendance pour toujours. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour toujours&nbsp;! La descendance d’Abraham est le serviteur de Dieu jusqu’à aujourd’hui. Si Marie le dit, qui suis-je pour le contester ? Voilà ce que dit le Nouveau Testament.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La tragédie de l’histoire de l’Église</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant la tragédie de l’histoire de l’Église, c’est d’avoir fait, dès le deuxième siècle, le raisonnement suivant : parce qu’Israël a refusé de croire en Jésus-Christ et, surtout, l’a crucifié, Dieu aurait rejeté son peuple et l’aurait remplacé par l’Église.&nbsp;&nbsp;Il ne le visite plus et il déchu de sa grâce.&nbsp;&nbsp;C’est cette «&nbsp;théologie du remplacement&nbsp;» qui a traversé les siècles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle s’est cristallisée de manière tragique lors du concile de Nicée, en 325, où l’empereur Constantin écrivait aux Églises : « Nous ne voulons rien avoir à faire avec cette détestable race des Juifs. »&nbsp;(<a href="https://www.hoegger.org/article/nicee-judaisme/">Voir ici ma réflexion sur Nicée et le judaïsme</a>.)</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’empereur, avec toute son autorité, a donc affirmé que l’Église devait tourner le dos au peuple juif. Alors que le Christ est juif, de mère juive et qu’il accomplit les prophéties juives de l’Ancien Testament&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet «&nbsp;enseignement du mépris&nbsp;» – comme l’a dit Jules Isaac – a traversé les siècles, jusqu’au paroxysme de la Shoah, ce massacre de six millions de Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement, cet enseignement a été progressivement abandonné au lendemain de la guerre, à la suite du dialogue judéo-chrétien où les&nbsp;<em>Thèses de Seelisberg</em>, du côté protestant en 1946 et la&nbsp;<em>Déclaration Nostra Aetate</em>, vingt ans plus tard, sont des pierres milliaires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;L’Alliance jamais révoquée&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un des acquis de ce dialogue est que l’Alliance avec Israël est irrévocable. Comme le dit le sous-titre du «&nbsp;<a href="https://shs.cairn.info/revue-revue-sens-2025-5-page-96?lang=fr">Manuel de la théologie d’Israël&nbsp;</a>», un livre important récemment écrit par des théologiens protestants, l’Alliance n’est « jamais révoquée&nbsp;».&nbsp;&nbsp;&nbsp;Par conséquent, le peuple juif reste le peuple choisi par Dieu, appelé à «&nbsp;pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec son Dieu&nbsp;» (Michée 6,8).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Alliance jamais révoquée&nbsp;? Je dois vous dire que pendant de longues années, j’ai moi-même eu une profonde hésitation à ce sujet, alors même que j’étais membre des Amitiés judéo-chrétiennes depuis le temps de mes études, en 1985. Ce n’est que récemment, en 2020 que j’ai reçu la conviction que le peuple juif est vraiment encore le peuple que Dieu ne cesse de relever. Ceci à la suite, je crois, d’une grâce particulière de Dieu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il semble aussi que cet acquis du dialogue judéo-chrétien soit aujourd’hui remis en cause, surtout à cause du conflit israélo-palestinien. Certains, même dans l’Église, considèrent le peuple juif comme un peuple comme les autres, et même pire que les autres. Regardez les injustices commises contre les Palestiniens et le «&nbsp;génocide&nbsp;» perpétré à Gaza, disent-ils.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, on peut ne pas être d’accord avec certaines lignes de la politique du gouvernement de l’état d’Israël concernant les injustices que vit le peuple palestinien. D’ailleurs l’opposition en Israël ne se gêne pas de le dire et de grandes manifestations ont lieu. Mais remettre en cause le choix de Dieu est une autre affaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai fait l’expérience l’année dernière où j’ai donné un message dans ce même temple du Mont sur Lausanne sur le verset «&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/mystere-israel/">les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables&nbsp;</a>», où Paul affirme que le peuple juif continue à être aimé de Dieu. J’ai publié ma prédication sur Facebook laquelle a suscité de nombreuses réactions critiques, certaines venant de pasteurs de mon Église qui remettaient radicalement en question l’élection d’Israël.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La responsabilité de l’Église aujourd’hui</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je reviens au texte de la première lettre de Pierre&nbsp;: «&nbsp;Approchez-vous de lui (le Christ), pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu », Je le mets en lien avec l’Évangile lu ce jour : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.&nbsp;» (Jean 14.6)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet appel du Christ suivi par celui de Pierre, est valable pour tous, pour les Juifs et les non-Juifs. Tous sont appelés à s’approcher de Jésus&nbsp;; il n’y a pas de différences. T&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En lui, Juifs et non-juifs sont réconciliés. C’est le message fondamental de l’apôtre Paul : en Christ, le mur de haine qui s’élevait entre les Juifs et les non-Juifs tombe (cf Éphésiens 2&nbsp;; Romains 15). Ce mur de haine que nous voyons parfois se réériger aujourd’hui doit tomber en Christ. Mais pour cela, nous avons sans cesse à nous «&nbsp;approcher de lui, la pierre vivante&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à l’antisémitisme galopant actuel, la responsabilité de l’Église est de rappeler que le peuple juif reste le serviteur et le peuple de Dieu, appelé à pratiquer la justice, à aimer la miséricorde et à marcher humblement avec son Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël est le peuple de Dieu, envers et contre tout, malgré les injustices dont il se rend coupable. Comme le dit Paul, l’infidélité de certains ne rend pas nulle l’élection ou la fidélité de Dieu envers Israël: «&nbsp;Si certains furent infidèles, leur infidélité va-t-elle annuler la fidélité de Dieu&nbsp;? Certes non&nbsp;!&nbsp;» (Romains 3.3). Plus tard, ll renforcera cette idée que les promesses de Dieu sont basées sur sa propre fidélité, et non sur notre conduite parfaite. Ceci est valable aussi pour les chrétiens : «&nbsp;Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même&nbsp;». (2 Tim 2.13)&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, Paul appelle aussi son peuple à reconnaître la venue du Messie Jésus: «&nbsp;L’Évangile est une puissance de Dieu, pour le Juif d’abord, pour le Grec ensuite&nbsp;», affirme-t-il (Romains 1.16).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à aujourd’hui, c’est «&nbsp;pour les Juifs d’abord&nbsp;» que Jésus est venu. Que veut alors dire vivre l’Évangile avec eux&nbsp;? L’Évangile est une bonne nouvelle de joie, de justice et de paix. Le vivre signifie faire le premier pas envers eux, les apprécier, les écouter, les visiter, les embrasser, les accueillir, parfois les interroger aussi. Mais l’Église les a jugés et exclus, et continue à le faire, transformant l’Évangile en une mauvaise nouvelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Le mystère d’Israël&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au commencement, une multitude de juifs a adhéré au message du Christ, comme le montre ce passage du livre des Actes des apôtres où l’on voit que de nombreux prêtres ont aussi cru en lui (Actes 6.7).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais peu à peu les autorités juives lui tournent le dos et refusent d’accueillir Jésus. C’est ce qu’on appelle le «&nbsp;mystère d’Israël&nbsp;»&nbsp;: pourquoi Jésus, qui est juif, qui est venu chez les siens, est-il rejeté par son peuple ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mystère de l’incrédulité d’Israël continue jusqu’à aujourd’hui. C’est un grand mystère que Dieu permet pour nous appeler à aimer et à prier encore davantage pour le peuple élu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais depuis la création de l’État d’Israël, et en particulier depuis que Jérusalem est sous souveraineté juive (en 1967), ce reste grandit de manière extraordinaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les quinze millions de Juifs, aujourd’hui, il y a, estime-t-on, un million de Juifs qui reconnaissent Jésus comme le Messie d’Israël. Peut-être est-ce un signe des temps&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les trois dimensions du peuple de Dieu</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me semble nécessaire de distinguer trois dimensions quand on utilise l’expression « peuple de Dieu ». La première dimension est l’«&nbsp;Israël selon la chair.&nbsp;» Le peuple juif aujourd’hui, dans toute sa diversité, compte des gens très croyants, des incroyants, des gens fidèles ou infidèles, tout comme parmi les chrétiens. Il y a aussi toutes les positions possibles et imaginables concernant la politique de l’État d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième dimension est ce que l’on pourrait appeler le « reste » d’Israël. Il s’agit de ces Juifs qui restent juifs, pratiquant la loi de Moïse, la Cashrout ou les règles alimentaires, le shabbat, les fêtes du calendrier juif, mais qui reconnaissent Jésus comme leur Messie. Une reconnaissance, d’ailleurs, à laquelle est appelée tout Israël&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième dimension, c’est chacun de nous ici dans ce temple&nbsp;: les chrétiens issus des nations qui, par la grâce de Dieu sont devenus «&nbsp;peuple de Dieu&nbsp;», branches de l’olivier sauvage greffées sur l’olivier franc qu’est Israël. (Cf. Romains 11)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà ces trois dimensions du peuple de Dieu qu’il nous faut donc garder à l’esprit : Israël selon la chair, le reste d’Israël croyant en Jésus et l’Église issue des nations.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deux expériences à Jérusalem</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais conclure par deux expériences marquantes vécues à Jérusalem.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première fut un congrès judéo-chrétien sur le thème : «&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/congres-jerusalem/">Marcher ensemble à Jérusalem.&nbsp;</a>» Durant une semaine, nous avons réfléchi sur le sens de Jérusalem pour les juifs et pour les chrétiens. Puis nous avons marché ensemble dans cette ville. Les juifs expliquant aux chrétiens les lieux de mémoire juive, puis les chrétiens expliquant aux juifs les lieux de mémoire chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons terminé notre parcours au pied des escaliers qui descendent de l’église Saint-Pierre en Gallicante, en dessous du Mont Sion, là où Pierre a renié Jésus à trois reprises. Selon une tradition, c’est ici que Jésus aurait prié pour l’unité de toute la famille humaine : « Que tous soient un. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que nous avons eu un premier moment de prière, très simple. Le psaume 23, « Le Seigneur est mon berger », chanté en hébreu par une juive, puis en arabe par des chrétiens palestiniens. Et nous avons renouvelé entre nous une sorte de pacte d’amitié, demandant à Dieu que rien ne puisse nous séparer les uns des autres, et nous engageant à vivre cette fraternité à laquelle nos livres saints nous appellent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis notre chemin nous a conduits dans la vieille ville de Jérusalem, à travers la porte qui ouvre vers le Mur occidental, le Kotel en hébreu. Chacun est d’abord allé y prier individuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis nous nous sommes retrouvés en cercle sur la grande place devant le mur. Et nous avons à nouveau prié, l’une tradition s’associant à la prière de l’autre. Nous avons demandé à Dieu de nous utiliser comme des instruments de paix et de réconciliation, de pratiquer la justice et de marcher humblement avec lui, en Israël et partout dans le monde. J’ai eu alors le sentiment très fort que Dieu s’était discrètement glissé parmi nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième expérience, je l’ai vécue en octobre dernier à Jérusalem, dans le cadre du mouvement&nbsp;<a href="https://www.communion-unite.org/article/tjcii-graces/">«&nbsp;Vers un second Concile de Jérusalem.</a>&nbsp;» Après une conférence que j’ai donnée sur le concile de Nicée et sur la manière dont il a tourné le dos au judaïsme, cinquante chrétiens issus des nations ont demandé pardon à cinquante juifs confessant Jésus comme leur Messie, ce « reste », pour ce séculaire enseignement du mépris. Ce fut un moment d’une grande intensité spirituelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conclusion&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous la propose par la prière prononcée par François Pache, à la suite de mon message:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Prions pour que le Seigneur nous donne de regarder constamment à Lui. Approchons-nous avec confiance du trône de la grâce&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, pardonne nos attitudes intérieures, notre dureté de cœur, notre tendance à juger, à classer et à rejeter. Tu nous appelles à un esprit nouveau, un cœur nouveau, rempli de ton amour. Nous te présentons ton peuple, Israël.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, nous te prions pour que le reste d’Israël grandisse pour qu’elle soit source de bénédiction pour le monde entier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous te prions pour ton peuple, sur lequel nous sommes greffés, comme le dit l’apôtre Paul. Nous te prions pour que le regard que nous portons sur lui soit illuminé de ton amour et de ta fidélité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous te prions pour le monde, au milieu des tensions et des violences, pour faire régner ta paix et susciter des hommes et des femmes de justice et de réconciliation. Nous confions nos malades, ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur cœur. Viens les visiter, les soutenir, les relever. Donne sagesse et compassion à ceux qui les soignent. Nous te prions pour les chrétiens persécutés, pour les couples et les familles, pour les jeunes qui cherchent à faire quelque chose pour annoncer l’Évangile.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, bénis-les, encourage-les. Nous te présentons nos proches, nos amis, ceux qui nous sont chers. Bénis-les, accompagne-les et fais de nos relations des lieux de vie, de vérité et de grâce. Fais de nous, Seigneur, des témoins fidèles de ton amour, des porteurs d’espérance, là où tu nous places. Nous avons confiance en toi, car tu es le chemin, la vérité et la vie.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Questions pour un partage</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">– Qu’est-ce que cela change dans notre foi de reconnaître qu’Israël demeure le peuple de Dieu et que l’Alliance avec lui n’a jamais été révoquée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Comment l’Église peut-elle aujourd’hui vivre l’Évangile avec le peuple juif autrement que dans le jugement, en entrant dans une attitude d’écoute, de respect et de fraternité ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Dans notre vie concrète, comment sommes-nous appelés à devenir des artisans de paix et de réconciliation, là où des murs de méfiance ou de rejet se sont dressés ?</p>
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		<title>De la synagogue aveugle aux yeux ouverts.</title>
		<link>https://www.communion-unite.org/article/de-la-synagogue-aveugle-aux-yeux-ouverts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 21:40:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Ecclesia&#160;» opposée à «&#160;Synagogue&#160;», portail de la cathédrale de Strasbourg&#160; Dans le cadre de la rencontre de «&#160;Synaxe&#160;», j’ai visité Strasbourg, le 5 juillet 2026. Sa cathédrale offre au visiteur un exceptionnel condensé de l’histoire religieuse de l’Occident. Ses pierres racontent la foi, l’art et la théologie de plusieurs siècles. Elles témoignent aussi des limites [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ecclesia&nbsp;» opposée à «&nbsp;Synagogue&nbsp;», portail de la cathédrale de Strasbourg&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de l<em><a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/">a rencontre de «&nbsp;Synaxe&nbsp;»</a></em>, j’ai visité Strasbourg, le 5 juillet 2026. Sa cathédrale offre au visiteur un exceptionnel condensé de l’histoire religieuse de l’Occident. Ses pierres racontent la foi, l’art et la théologie de plusieurs siècles. Elles témoignent aussi des limites d’une époque et des blessures qu’ont laissées certaines représentations du judaïsme dans la conscience chrétienne.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les sculptures les plus célèbres figure le groupe de l’Église et de la Synagogue, devenu aujourd’hui un symbole des relations complexes entre chrétiens et juifs. Mais Strasbourg ne se réduit pas à cet héritage médiéval. À quelques centaines de mètres de la cathédrale, la communauté des diaconesses offre un autre témoignage, marqué par le dialogue, la solidarité et la prière. Entre ces deux lieux se dessine un véritable itinéraire de conversion du regard.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Synagogue aux yeux bandés</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le portail sud de la cathédrale, construit au début du XIIIe siècle, deux statues se font face:&nbsp;<em>Ecclesia&nbsp;</em>et&nbsp;<em>Synagoga</em>. Elles encadrent la figure du roi Salomon, rappelant sa sagesse et le célèbre jugement rapporté au premier livre des Rois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La statue de l’Église apparaît droite et assurée. Elle tient une croix et un calice, interprété tantôt comme le vase ayant recueilli le sang du Christ, tantôt comme une allusion au Graal. Son attitude exprime la victoire de la Nouvelle Alliance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En face d’elle, la Synagogue est représentée les yeux bandés. Sa lance est brisée et les tables de la Loi semblent lui échapper. Cette iconographie traduit la théologie médiévale selon laquelle Israël demeurerait dans l’aveuglement spirituel suite à son refus du Christ. Pendant des siècles, cette image a contribué à nourrir ce que l’on appelle aujourd’hui la « théologie de la substitution », selon laquelle l’Église aurait remplacé Israël dans le dessein de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une interprétation plus nuancée, selon notre guide, consiste à voir dans cette scène non pas une condamnation définitive du peuple juif, mais une représentation du passage de l’Ancienne à la Nouvelle Alliance. L’Église attendrait alors que le peuple de la première Alliance reconnaisse le Christ. Cette lecture atténue la portée polémique de la sculpture, sans toutefois effacer le déséquilibre manifeste entre les deux figures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un témoignage plus ancien venu de Rome</strong>&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Ecclesia-ex-circumcisione.jpg" alt="" class="wp-image-9280"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Ecclesia ex circumcisione et Ecclesia ex gentiles, Rome. Basilique S. Sabine</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la visite, j’ai rappelé qu’une représentation beaucoup plus ancienne existe dans l’église de Basilique Sainte-Sabine à Rome, datant du Ve siècle. On y distingue deux figures féminines :&nbsp;<em>Ecclesia ex circumcisione</em>, l’Église issue de la circoncision, c’est-à-dire du peuple juif, et&nbsp;<em>Ecclesia ex gentibus</em>, l’Église issue des nations païennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux matrones romaines sont représentées avec une égale dignité. Aucune n’est humiliée ni aveuglée. Cette iconographie rappelle qu’à cette époque, les chrétiens avaient encore conscience que l’Église était née au sein d’Israël avant de s’ouvrir aux peuples de la terre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un antijudaïsme déjà présent, elle témoigne d’une période où la rupture entre judaïsme et christianisme n’avait pas encore produit les représentations dévalorisantes qui apparaîtront plusieurs siècles plus tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison entre Rome et Strasbourg met ainsi en lumière une évolution de la pensée chrétienne. L’image médiévale ne constitue pas l’unique tradition de l’Église ; elle représente une étape historique qui doit aujourd’hui d’être relue avec discernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand les yeux bandés deviennent ceux des chrétiens</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La sculpture de la Synagogue aux yeux bandés invite paradoxalement les chrétiens à un examen de conscience. Car l’histoire montre que l’aveuglement a aussi marqué les Églises elles-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant des siècles, «&nbsp;l’enseignement du mépris&nbsp;», comme le disait Jules Isaac, a entretenu une&nbsp;méfiance envers le judaïsme. Sans être l’unique cause de l’antisémitisme moderne, cet héritage a contribué à créer un climat dans lequel les préjugés contre les juifs ont pu se développer. La Shoah a révélé jusqu’où pouvait conduire cette longue histoire de mépris et de déshumanisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jules Isaac, lui-même, a appelé les chrétiens à relire le Nouveau Testament&nbsp;: «&nbsp;Rien de plus vain que d’opposer l’Évangile au judaïsme, cet Évangile prêché par Jésus dans les synagogues et dans le Temple. La vérité est que, par toutes leurs racines, l’Évangile et la tradition évangélique se rattachent étroitement à la tradition juive,&nbsp;» écrit-il.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses Églises ont reconnu leur responsabilité dans cette histoire et ont entrepris un important travail de repentance et de renouvellement théologique. Elles redécouvrent que l’alliance de Dieu avec Israël demeure vivante et que les racines juives de la foi chrétienne ne peuvent être oubliées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À une époque où l’antisémitisme connaît de nouvelles manifestations en Europe, cette conversion du regard demeure plus nécessaire que jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La&nbsp;<em>menorah&nbsp;</em>des diaconesses : un autre signe</strong></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Menorah-diaconnesses-1024x782.jpg" alt="" class="wp-image-9281"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Soeur Claudine dans la chapelle des diaconesses de Strasbourg&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Strasbourg, cette évolution trouve une expression concrète dans la chapelle des diaconesses. Notre groupe de synaxe y a vécu la prière de midi. Sur le chemin qui y mène, Sœur Claudine, la responsable,&nbsp;m’explique qu’une&nbsp;<em>menorah</em>&nbsp;(un chandelier à sept branches) y est allumée chaque vendredi soir et pendant le Shabbat en signe de solidarité avec le peuple juif. Ce geste rappelle que la prière chrétienne ne peut ignorer les frères aînés de la foi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette proximité ne se limite pas à un symbole. Les diaconesses entretiennent des relations régulières avec les responsables de la communauté juive. La collaboration avec la communauté juive est à l’origine même de l’aventure de la clinique Rhéna. En 2011, la clinique protestante des Diaconesses et la clinique juive Adassa ont décidé de faire alliance, avant d’être rejointes par la clinique catholique Sainte-Odile. Cette coopération s’est développée dans une confiance croissante entre responsables juifs et chrétiens. Ensemble, rabbin, pasteure et religieuse ont notamment conçu un lieu de recueillement ouvert à tous, inspiré du récit d’Élie à l’Horeb. Aujourd’hui, cette collaboration se vit au quotidien dans l’aumônerie, l’accompagnement des patients et une amitié concrète, nourrie par les rencontres et les échanges.&nbsp;<em><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Clinique-Rhena.pdf">(Pour en savoir plus, lire ici)&nbsp;</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet engagement suscite parfois des incompréhensions. Certains interprètent toute marque de solidarité envers le peuple juif comme une prise de position politique dans le conflit israélo-palestinien.&nbsp;&nbsp;Sœur Claudine rappelle pourtant que la démarche de sa communauté est d’abord spirituelle. Prier pour le peuple juif ne signifie pas adhérer sans réserve aux choix politiques de l’État d’Israël, pas plus que fraterniser avec des Palestiniens ne suppose de nourrir de l’hostilité envers les juifs. La prière invite au contraire à reconnaître la dignité de chaque personne et à demander le don de la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La statue médiévale de la Synagogue demeure un témoin d’une époque révolue. La&nbsp;<em>menorah&nbsp;</em>allumée chaque semaine dans la chapelle des diaconesses témoigne, quant à elle, d’un autre visage du christianisme. Entre ces deux images se dessine un chemin de conversion : passer des yeux bandés aux yeux ouverts, reconnaître la permanence de l’élection d’Israël, combattre toute forme d’antisémitisme et approfondir une fraternité fondée sur le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Par Martin Hoegger</em></p>
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		<title>Aux sources juives de la liturgie</title>
		<link>https://www.communion-unite.org/article/sources-juives-de-la-liturgie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 21:37:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Janine Elkouby devant «&#160;l’Arche sainte&#160;» Le 3 juillet 2026, la rencontre bisannuelle de Synaxe, consacrée au thème « La liturgie, source d’espérance », s’est poursuivie à Strasbourg par une journée à la découverte du judaïsme. Pour les participants chrétiens, il s’agissait de se mettre à l’écoute des « racines qui nous portent », selon l’image [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Janine Elkouby devant «&nbsp;l’Arche sainte&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 3 juillet 2026, la r<a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/">encontre bisannuelle de Synaxe, consacrée au thème « La liturgie, source d’espérance »</a>, s’est poursuivie à Strasbourg par une journée à la découverte du judaïsme. Pour les participants chrétiens, il s’agissait de se mettre à l’écoute des « racines qui nous portent », selon l’image de l’apôtre Paul, et de mieux comprendre le sens du Shabbat, au cœur de la vie juive. De l’histoire du judaïsme alsacien à la synagogue de la Paix cette journée a dessiné un chemin de mémoire, de transmission et de conversion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le judaïsme alsacien, une histoire de fidélité et de renaissance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant la visite de la synagogue, Florence Taubmann, présidente d’honneur des Amitiés judéo-chrétiennes de France, a retracé l’histoire du judaïsme alsacien. Présentes dès le Moyen Âge, les communautés juives ont subi discriminations, expulsions et massacres, notamment lors de la peste noire de 1349. Chassées des villes, elles ont développé dans les campagnes un judaïsme rural presque unique en Europe occidentale, dont témoignent encore de nombreuses anciennes synagogues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’émancipation accordée à la Révolution française a ouvert une nouvelle période. Au XIXe siècle, la construction de nombreuses synagogues manifeste la vitalité retrouvée des communautés. Mais le XXe siècle apporte de nouvelles épreuves : destruction de la synagogue du quai Kléber, persécutions nazies et mort de milliers de Juifs alsaciens dans la Shoah.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après 1945, la vie juive renaît. Strasbourg redevient un centre important du judaïsme français et du dialogue judéo-chrétien. Cette histoire de persévérance introduisait ainsi la visite de la synagogue de la Paix : malgré les ruptures et les violences, la transmission de la foi n’a jamais cessé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La synagogue de la Paix, entre mémoire et espérance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Accueilli par Janine Elkouby, présidente des Amitiés judéo-chrétiennes de Strasbourg, le groupe a découvert la synagogue de la Paix, inaugurée en 1958 pour remplacer celle du quai Kléber, incendiée par les nazis en 1940. Orientée vers Jérusalem, elle témoigne de l’attachement à la ville sainte et de la fidélité d’une communauté qui a choisi de reconstruire après la catastrophe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette visite, la synagogue de la Paix apparaît comme bien davantage qu’un lieu de culte. Elle est à la fois un mémorial de l’histoire du judaïsme alsacien, un espace où la Torah est transmise de génération en génération et un lieu où se nourrit l’espérance d’Israël.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les visiteurs chrétiens, cette rencontre offre aussi l’occasion de mieux comprendre les racines communes des deux traditions et de poursuivre un dialogue fondé sur la connaissance réciproque, le respect et l’amitié.&nbsp;<em><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/9.-Janine-Elkouby-La-synagogue-de-la-Paix-a-Strasbourg-.pdf">(Pour en savoir plus, lire ici)&nbsp;</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Arche sainte, demeure de la Torah</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Devant l’Arche sainte, Janine Elkouby a présenté les rouleaux de la Torah, cœur de la vie liturgique juive. Revêtus de manteaux richement ornés, parfois couronnés d’argent, ils sont lus à l’aide du&nbsp;<em>yad,</em>&nbsp;une petite main qui permet de suivre le texte sans toucher le parchemin. Ce respect ne s’adresse pas à un objet sacralisé pour lui-même, mais aux paroles qu’il porte et transmet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Torah a pu être appelée la « patrie portative du peuple juif ». Pendant près de deux millénaires de dispersion, elle a permis à Israël de conserver son identité et de transmettre l’Alliance de génération en génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une coutume alsacienne l’illustre de manière concrète : la mappa. Le linge utilisé lors de la circoncision d’un enfant est ensuite décoré et transformé en bande destinée à entourer un rouleau de la Torah. La vie de l’enfant est ainsi symboliquement reliée à la Parole de Dieu. La transmission passe par des textes, mais aussi par des gestes, des objets et des rites qui inscrivent la mémoire dans l’existence quotidienne.&nbsp;<em><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/10.-Janine-Elkouby-LArche-sainte.pdf">(Pour en savoir plus, lire ici)</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Shabbat, sanctifier le temps et retrouver la liberté</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur de la rencontre fut consacré au Shabbat. Janine Elkouby l’a présenté à partir du récit de la création : après six jours, Dieu cesse son œuvre et sanctifie le septième jour. Ce repos n’est pas un simple arrêt. Il rappelle que le monde n’appartient pas à l’être humain et que celui-ci est appelé à collaborer avec Dieu pour poursuivre l’œuvre de la création.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant six jours, l’être humain agit et transforme le monde. Le septième, il renonce à son emprise sur les choses pour retrouver la relation à Dieu, aux autres et à la création. Les deux commandements bibliques, « souviens-toi » et « observe » le Shabbat, expriment cette double vocation : faire mémoire et préserver un temps différent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Shabbat est aussi une école de dignité. Le repos concerne les maîtres comme les serviteurs, les étrangers et même les animaux. Personne ne peut être réduit à son utilité ou à sa capacité de produire. Dans une société dominée par la performance, le Shabbat rappelle ainsi que savoir s’arrêter est un acte de liberté et que la sanctification du temps peut devenir une source d’espérance.<em>&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/12.-Janine-Elkouby-Le-Shabbat.pdf">(Pour en savoir plus, lire ici)&nbsp;</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des yeux bandés aux yeux ouverts</strong></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Ecclesia-Synagoga.Strasbourg-1-798x1024.jpg" alt="" class="wp-image-9374"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.hoegger.org/article/synagoga-strasbourg/">La journée s’est poursuivie par un itinéraire symbolique entre deux images</a>. À la cathédrale de Strasbourg, la statue médiévale de la Synagogue représente une femme aux yeux bandés, face à une Église triomphante. Cette iconographie témoigne d’une théologie qui a longtemps considéré Israël comme aveugle et remplacé par l’Église. L’histoire invite aujourd’hui les chrétiens à retourner la question : l’aveuglement n’a-t-il pas aussi été le leur lorsqu’ils ont oublié leurs racines juives et laissé se développer un « enseignement du mépris » ?&nbsp;<em><a href="https://www.hoegger.org/article/synagoga-strasbourg/">(Pour en savoir plus, lire ici</a>)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la chapelle des diaconesses, une autre image s’est offerte au groupe. Chaque vendredi soir et durant le Shabbat, une&nbsp;<em>menorah</em>&nbsp;est allumée en signe de solidarité avec le peuple juif. Cette fraternité s’est aussi concrétisée dans la collaboration entre les Diaconesses, la clinique juive Adassa et la clinique catholique Sainte-Odile, aujourd’hui réunies dans la clinique Rhéna.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre la Synagogue aux yeux bandés et la<em>&nbsp;menorah</em>&nbsp;allumée se dessine un chemin de conversion : ouvrir les yeux, reconnaître les racines juives de la foi chrétienne et apprendre à marcher ensemble dans l’espérance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Autres articles sur la rencontre de Synaxe. Lire ici&nbsp;:&nbsp;</em><a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/"><em>https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/</em></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.communion-unite.org/article/sources-juives-de-la-liturgie/">Aux sources juives de la liturgie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.communion-unite.org">Chemins de communion vers Jérusalem</a>.</p>
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