Se lever de manière active contre l’antisémitisme

Mitch Glaser, président de Chosen People Ministries,

Dans un contexte mondial marqué par la résurgence de l’antisémitisme, la rencontre de « Vers un deuxième Concile de Jérusalem » (TJCII) à Jérusalem, le 21 octobre 2025, a rassemblé des responsables juifs messianiques et chrétiens venus de plusieurs continents pour réfléchir, prier et s’engager ensemble contre ce fléau spirituel et moral.

« Si je devais dire deux choses sur l’antisémitisme, ce serait : premièrement, c’est mal ; et deuxièmement, il faut agir », a déclaré Mitch Glaser, président de Chosen People Ministries, une organisation fondée pour servir le peuple juif, vivre l’Évangile et lutter contre l’antisémitisme.

Il a lancé un appel vibrant à l’action : se lever ensemble, Église et Israël, contre la haine du peuple juif et pour le dessein libérateur de Dieu. Au cours de cette rencontre, plusieurs autres témoignages marquants ont également été entendus.

Les racines familiales et le silence de l’Holocauste

Ses grands-parents venaient de Biélorussie. Ils étaient jeunes mariés lorsqu’ils sont partis pour l’Amérique. Son grand-père avait un peu d’argent et un passeport, ils sont donc devenus les émissaires de la famille vers la « terre promise ». Le plan était qu’il trouve du travail et un endroit où vivre à Brooklyn, puis que le reste de la famille les rejoigne. Mais les autres ne sont jamais venus. Ils ont tous été tués durant la Shoah. « J’ai donc grandi sans famille élargie, sans histoires, seulement dans le silence et l’absence. C’était mon héritage, façonné par l’Holocauste et la perte, » nous confie-t-il. 

« Le prix de la grâce »

Voici le témoignage de sa découverte de Yeshua : « S’il y avait eu un concours pour désigner la personne juive la moins susceptible de croire en Jésus, j’aurais gagné. J’étais un hippie, un dealer de drogue, je menais une vie débridée. Personne n’avait besoin de me dire que j’avais besoin de changer, je le savais moi-même. Lorsque j’ai trouvé la foi en Yeshua, ma mère m’a supplié de ne pas le dire à ma grand-mère. Elle l’a finalement découvert. Mes grands-parents ne m’ont plus jamais adressé la parole. 

Ma grand-mère a vécu jusqu’à 102 ans, et elle n’a jamais rencontré ma femme ni mes enfants. Cela a été l’une des plus grandes souffrances de ma vie. Les gens parlent de sacrifice pour le Seigneur : moi, j’ai dû renoncer à mes grands-parents. Cela m’a brisé le cœur. Certains d’entre vous ont vécu des histoires similaires. »

Une vie marquée par l’antisémitisme

L’antisémitisme a fait partie de sa vie depuis le début, de manière variable. La situation actuelle l’inquiète : « Je n’arrive pas à croire que dans notre génération, l’antisémitisme refasse surface aussi ouvertement. » 

Il vit à New York et exerce son ministère sur les campus universitaires, notamment à l’université Columbia, où s’est manifesté beaucoup d’hostilité envers les juifs. « Mais nous croyons que ceux qui servent Dieu dans ce domaine sont comme des pompiers : quand il y a un incendie, nous courons vers lui, nous ne nous enfuyons pas. »  

M. Glaser a lancé la Coalition Against Antisemitism (Coalition contre l’antisémitisme), un sous-groupe de Chosen People Ministries, qui produit des vidéos et des ressources pour sensibiliser le public

Quelques témoignages  

Après l’intervention de Mitch Glaser, des participants de plusieurs pays ont partagé leurs expériences et engagements concrets contre l’antisémitisme.
Un Palestinien a raconté comment il avait longtemps adhéré à la théologie du remplacement et haï Israël, avant que le Seigneur ne lui montre la vérité : Dieu ne change pas d’avis et reste fidèle à ses promesses envers le peuple juif. Il a appelé à « gagner des âmes, non des débats », en partageant l’amour de Jésus.

En Irlande, un pasteur a souligné la compassion souvent mal orientée de son pays, marquée par une histoire d’oppression. Après le 7 octobre, l’empathie s’est d’abord tournée vers Israël, puis vers Gaza, influencée par les médias. Il plaide pour une meilleure pédagogie et des relations d’amitié avec les responsables juifs, dans un esprit de réconciliation entre l’Église et Israël.

En Hongrie, une marche commémorative le long du Danube a rappelé les milliers de Juifs assassinés en 1944-45 et exprimé la solidarité chrétienne.
Aux États-Unis, un gouverneur a publiquement condamné l’antisémitisme, affirmant que « dire la vérité est une arme contre les mensonges ».

En Suisse, une rencontre entre juifs et chrétiens à Genève a favorisé une réelle communion, tandis qu’au Royaume-Uni, des dialogues sincères s’ouvrent pour mieux comprendre la place d’Israël dans le plan de Dieu.

Réflexion personnelle

Ces témoignages m’ont touché. Il ne suffit plus de dénoncer l’antisémitisme, il faut y résister activement, dans la prière, la vérité et l’amour.

Au cœur de cette lutte se trouve une réalité spirituelle sur laquelle je ne cesse de méditer : Dieu n’a jamais renié ses promesses envers le peuple juif. L’Église est appelée à se tenir à ses côtés, non par devoir politique, mais par fidélité à l’Évangile et au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Comme l’a rappelé Mitch Glaser, aimer ce que Dieu aime et détester ce qu’il déteste, c’est marcher dans la lumière. Contre la haine, contre l’oubli, que s’élève une Église humble et courageuse, témoin de l’amour indéfectible de Dieu pour son peuple et pour le monde !

Martin Hoegger


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